SANTE

Des soins qui dépassent la fin de vie

Les soins palliatifs se focalisent sur la fin de vie : il est temps d'élargir la perspective, postule la députée cdH Catherine Fonck.

L es soins palliatifs ont une histoire vieille de plus de vingt ans dans notre pays. Pourtant, aujourd'hui, les études d'infirmerie ou de médecine ne comportent toujours pas explicitement de contenus spécifiques en la matière. Pas plus qu'en traitement de la douleur. Le constat a poussé la députée cdH Catherine Fonck, qui est par ailleurs médecin, à déposer une proposition de résolution visant à améliorer l'offre de soins palliatifs, pour mieux répondre aux besoins. Et à proposer aussi une définition des soins palliatifs mieux en phase avec la réalité de terrain.

«Parce que les demandes ont évolué. Et les centres de soins palliatifs sont de plus en plus débordés, parce qu'ils ne peuvent repousser des sollicitations qui ne correspondent pas strictement aux critères requis» constate-t-elle.

Des situations lourdes à assumer

Les soins palliatifs, tels que définis par la loi du 14 juin 2002, se focalisent en effet sur «l'accompagnement de fin de vie». «Ils ne s'adressent donc pas à des personnes victimes d'un très grave accident de santé, type accident vasculaire cérébral provoquant une infirmité lourde, ou traumatisme crânien important, et qui, une fois sortis des soins intensifs, ne trouvent pas de structure d'accueil adéquate», explique Catherine Fonck.

Des soins de revalidation, notamment, leur sont pourtant accessibles, «mais ces personnes ont surtout besoin de structures d'accueil multidisciplinaires, qui ne se focalisent pas uniquement sur le traitement de la douleur, mais se préoccupent aussi de l'accompagnement psychologique des patients et de leur entourage».

La proposition de résolution entend donc renforcer et améliorer les structures de soins palliatifs, d'abord en étendant leur champ d'application à des patients «souffrant de pathologies chroniques à un stade avancé; atteints de démence, etc.» sans que le pronostic vital soit engagé à court terme. Ces patients doivent pouvoir être pris en charge au long cours, postule Catherine Fonck, «jusqu'à leur fin de vie... ou jusqu'à ce que leur état s'améliore suffisamment pour qu'ils n'aient plus besoin de ces soins».

Les propositions de loi, modifiant la définition des soins palliatifs, et de résolution, postulant une amélioration de ces soins, déposées par la députée cdH, seront débattues dans les prochains jours en commission de la Santé de la Chambre. «Il faudra trouver des moyens budgétaires, c'est vrai, mais c'est tout à fait possible», prévient déjà Catherine Fonck. «Il reste des marges disponibles en matière de soins de santé. Et puis on ne peut laisser les centres de soins palliatifs se noyer sous l'afflux des demandes»

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