QUINTUPLE MEURTRE DE NANTES

La mère avait des soupçons dès 2002

Xavier Dupont de Ligonnès avait éveillé dès 2002 les soupçons de sa femme , a déclaré une amie de cette dernière au Figaro .

Les recherches pour retrouver Xavier Dupont de Ligonnès, un père de famille soupçonné d'avoir tué sa femme et ses quatre enfants à Nantes, se poursuivaient activement lundi dans le cadre d'un «mandat de recherche» lancé dans l'espace Schengen. À ce stade, les enquêteurs veulent entendre le «témoin» Xavier Dupont de Ligonnès.

Les corps d'Agnès de Ligonnès et de ses quatre enfants ont été retrouvés jeudi, dissimulés sous la terrasse de leur maison familiale. Selon les autopsies, les victimes ont été tuées par balles autour du 3 au 4 avril pendant leur sommeil.

Selon l'amie d'enfance de la mère interrogée par Le Figaro, Agnès Dupont de Ligonnès soupçonnait déjà son mari en 2002. «Elle s'était aperçue que son mari avait dilapidé tout l'argent de son propre héritage», a raconté au quotidien cette femme qui a requis l'anonymat pour des raisons de sécurité. «Elle s'était aussi rendue compte que les activités professionnelles de son époux ne rapportaient rien», a-t-elle ajouté.

Xavier Dupont de Ligonnès était le gérant d'une petite société de commercialisation d'espaces publicitaires sur internet mais selon l'enquête, il disposait de revenus faibles et avait contracté «un certain nombre de dettes» .

Une maîtresse menacée

L'une de ces dettes, d'environ 50000 euros, aurait été contractée auprès d'une ancienne maîtresse qu'il aurait récemment menacée par lettre. «On a eu du bon temps ensemble, maintenant tu vas connaître le malheur », aurait-il écrit à cette femme, une chef d'entreprise des Hauts-de-Seine, selon Le Figaro .

Dans Le Journal du Dimanche, un proche de l'une de ses filles explique qu'elle «ne savait pas trop dire ce qu'il faisait» . Tout juste peut-on affirmer que Xavier Dupont de Ligonnès quittait le domicile familial du dimanche soir au vendredi soir, pour «démarcher des clients» .

Par ailleurs, un ami du fils cadet de Xavier de Ligonnès, Thomas, a déclaré au Parisien que ce dernier, étudiant à Angers, avait reçu le 5 avril un appel téléphonique de son père lui demandant de rentrer à Nantes parce que sa mère avait eu un accident de vélo. «Apparemment, elle n'était pas en danger, mais son père a insisté pour que Thomas rentre à Nantes», a ajouté cet ami. Il a expliqué au journal avoir envoyé des SMS à Thomas au cours des jours suivants mais n'avoir reçu que des réponses très laconiques. «Ce genre de phrases très courtes, ça ne lui ressemblait pas», a-t-il dit.

Dupont de Ligonnès a été vu pour la dernière fois à Roquebrune-sur-Argens dans le département du Var le 15 avril. Les enquêteurs tentaient toujours hier de savoir s'il pouvait exister un lien avec la «disparition inquiétante» d'une quinquagénaire, Colette Deromme, dans ce même département, à Lorgues, le 14 avril. Ils vérifient, en outre, les multiples pistes, parfois contradictoires, issues des appels téléphoniques reçus par la police judiciaire de Nantes. Des centaines d'appels sur une ligne spécialement ouvertes pour l'enquête sont reçus chaque jour, indiquait-on dimanche de source policière.

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