Stars, chandelles et problèmes intemporels

«Chez Maupassant» revient pour une troisième saison. Les raisons d'un grand succès d'audience avec Gaëlle Girre, productrice de la série.

Ce sont 7,1 millions de téléspectateurs qui ont suivi la première saison, et 6 millions de personnes étaient au rendez-vous pour la suite des nouvelles de Maupassant. Qu'est-ce qui suscite cet intérêt fulgurant et confirmé pour les adaptations d'un auteur classique?

Un casting pointu.

Au générique de cette nouvelle saison : Marilou Berry, Arthur Jugnot, Francis Perrin Marie-Anne Chazel, Pierre Palmade, Philippe Chevalier... pas surprenant que le public morde à l'hameçon. Et les appâts ne se font pas prier : «Il me tardait de participer à la série», avoue Pierre Palmade qui a vu défiler avec envie «beaucoup de copains» sur l'affiche. Cécile de France, Eddy Mitchell, Jean Rochefort, François Berléand ont déjà fait partie de l'aventure et depuis les premiers succès, réalisateurs, scénaristes et acteurs se bousculent au portillon. «Nous avons été très sollicités» confirme Gaëlle Girre «mais plutôt que de vouloir à tout prix faire un étalage de stars, on tenait à ce que les rôles soient toujours en adéquation avec les personnes» .

Un casting très étudié donc, qui n'hésite pas à aller chercher des acteurs au profil inattendu «On n'a jamais été déçus. Il y a eu des choix surprenants, comme Philippe Chevalier qui vient d'un tout autre univers mais à chaque fois ce fut une réussite. On est d'ailleurs encore plus contents de ces choix-là», se félicite la productrice.

Des thématiques actuelles

Tout droit sorties d'un XIXe siècle qui se déplaçait en calèche et a vu avec émerveillement l'arrivée des baignoires à eau chaude, les nouvelles de Maupassant passionnent les téléspectateurs de l'ère 2.0. «Maupassant a un ton, une ironie qui passent très bien aujourd'hui», explique la productrice, passionnée par l'auteur. «De plus, les nouvelles ont été choisies avec minutie et abordent des thèmes qui sont toujours d'actualité.» Passions meurtrières, adultères, place de la femme, magouilles financières, disparités sociales... les préoccupations des protagonistes trouvent facilement un écho dans le public contemporain.

Une part de rêve Si l'intemporalité des sujets abordés permettrait une adaptation version jean-baskets, la mise en scène costumée offre l'avantage d'une distanciation reposante. «Les téléspectateurs aiment les téléfilms en costume qui confèrent une part de rêve», explique l'acolyte de Gérard Jourd'hui. «Les thèmes de société abordés sont parfois lourds, c'est plus facile d'apprécier quand on les observe dans une autre époque, ça rend certaines choses moins tristes.» Et c'est une autre force de la série : avoir compris l'engouement du public pour l'imaginaire des siècles derniers. Le budget costumes-décors est colossal, et les accessoiristes connaissent l'époque à la perfection, passant chaque scène au peigne fin pour éviter les incohérences.

Une oeuvre inépuisable

Rien n'est officiellement signé mais si ce troisième volet devait rencontrer le succès des précédents, il y a de la matière en stock. Au lancement de la série, l'équipe avait sélectionné une soixantaine de nouvelles dans l'oeuvre de Maupassant. Seules vingt-quatre d'entre elles ont été tournées, l'écrivain a donc encore de belles heures cathodiques devant lui.

«Chez Maupassant, saison 3», huit épisodes. Les mercredis à 20 h 35 sur France 2.

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