Pour mater la contestation, les forces de sécurité sont intervenues lundi par centaines dans plusieurs villes, faisant de nombreux morts.

À Deraa , une ville agricole de 75000 habitants, berceau de la révolte, «plus de 3 000» membres des forces de sécurité appuyés par des blindés et des chars ont pénétré dans la ville lundi matin, selon des militants des droits de l'Homme joints au téléphone par l'AFP. La ville était soumise «à un pilonnage intensif à l'artillerie lourde et aux mitrailleuses» .

Le régime d'Assad semble avoir opté pour la solution militaire pour étouffer le mouvement de contestation sans précédent qui secoue son régime depuis six semaines.

«Les hommes tirent dans toutes les directions et avancent derrière les blindés qui les protègent », a expliqué un militant Abdallah Al-Harriri, joint au téléphone depuis Nicosie. Au moins vingt-cinq personnes ont été tuées. «Nous les avons vus de nos propres yeux. Ils étaient dans une voiture qui a été criblée de tirs», a indiqué ce militant.

Ces décès portent à au moins 390 le nombre de personnes ayant péri depuis le début de la contestation le 15 mars, selon des chiffres compilés par l'AFP.

«Les minarets des mosquées lancent des appels au secours. Les forces de sécurité sont entrées dans les maisons. Il y a un couvre-feu et ils tirent sur ceux qui sortent de chez eux. Ils ont même tiré sur les réservoirs d'eau sur les toits pour priver les gens d'eau», a ajouté le témoin.

Des cadavres jonchaient les rues

Selon un autre militant ayant pu entrer en contact avec Deraa, «des snipers ont pris position sur les toits et les chars sont dans le centre-ville» . Il a précisé qu'il y avait des corps «dans la rue» que les habitants «ne peuvent pas récupérer ». D'après lui, «l'électricité est coupée et les communications téléphoniques sont presque impossibles» .

Des opérations des services de sécurité étaient également en cours à Douma, à 15 km au nord de Damas, et al-Mouadamiyeh, dans la banlieue de la capitale.

«Il est clair que les autorités syriennes ont pris la décision d'une solution militaire et sécuritaire», a déclaré Rami Abdel Rahmane, président de l'Observatoire syrien pour les droits de l'Homme. D'après lui, la nouvelle loi sur la réglementation des manifestations promulguée jeudi en vertu de laquelle une demande d'autorisation doit être adressée au ministère de l'Intérieur cinq jours au moins avant la manifestation «a servi » à réprimer la contestation. Dimanche, treize personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées par les forces de l'ordre à Jableh, près de Lattaquié (nord-ouest), a indiqué lundi un militant à l'AFP.

Après le lancement de cette intervention à quelques kilomètres de la Jordanie, «la Syrie a fermé ses frontières terrestres avec la Jordanie», a annoncé le ministre jordanien de l'Information Taher Adwan.

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