Une amition démesurée couplée à une formidable pugnacité , ce sont là quelques clés du parcours hors norme de Nicolas Sarkozy que retrace «Un jour, un destin».

Nicolas Sarkozy a vécu son élection à la présidence comme un sacre. Le couronnement d'un parcours fulgurant entamé très jeune. Sarkozy fonctionne au culot, aux coups bas, aussi. Il n'a peur de rien ni de personne. Il est le seul président de la République à avoir traité en public un citoyen de «pauv'con», à avoir annoncé son mariage en pleine conférence de presse, à afficher sans retenue son goût du luxe aux côtés de ses amis milliardaires. Politiquement affaibli, en panne de crédibilité et au plus bas dans les sondages, il continue d'y croire, affichant une insolente confiance en ses chances de victoire en 2012. Avec une verve, une énergie et une force de conviction intactes, il se voit, comme toujours, seul à l'affiche dans le rôle vedette. Tout-puissant. Comme lorsque, jeune militant, il était parvenu à ravir la mairie de Neuilly-sur-Seine au nez de son mentor, Charles Pasqua. Il avait 28 ans. Rien ne devait plus stopper l'ascension du jeune loup devenu hyperprésident.

«Moi, la situation, je la sens bien», balance-t-il toujours aussi sûr de lui aux sceptiques qui prédisent sa chute dans un an. Le «président des riches», adulé en 2007, paie aujourd'hui les excès qui furent sa force. Sarkozy «s'est forgé une vision de la France qui lui ressemble, c'est-à-dire individualiste, avide de réussite sociale et personnelle, obsédée par les biens matériels et indifférente à l'Histoire», accuse son ennemi absolu, Dominique de Villepin, dans son ouvrage «L'esprit de cour». «Nicolas Sarkozy a innové en inventant une cour à son image. Elle a la peur comme moyen, l'argent comme fin et le spectacle médiatique comme théâtre de sa mise en scène narcissique. La politique n'y est pas perçue comme un levier, encore moins comme un idéal, mais comme un marché où l'on achète et brade les hommes comme les idées en fonction de l'intérêt du moment», accuse, plus cinglant encore, l'ancien Premier ministre.C.D.

France 2, 22.55

Nos dernières videos