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Kots : la barrière sociale des études

Kots : la barrière sociale des études

Eda

Rares et trop chers : les kots deviennent une entrave à l'accès aux hautes études. Hervé Jamar veut légiférer.

On l e sait, la pénurie de kots est de plus en plus criante. Un exemple : l'UCL ne possède que 4000 kots en propre alors qu'elle compte plus de 21 000 étudiants.

Résultats : les propriétaires, qui ont bien compris tout le jus à tirer de cette situation, n'hésitent pas à pousser les prix vers le haut.

Du coup, estime le député wallon MR Hervé Jamar, le kot devient une sorte de barrière sociale qui empêche à de nombreux jeunes d'accéder aux études supérieures.

«Que ce soit à Louvain, à Liège, à Bruxelles ou même dans d'autres villes où se situent des hautes écoles, les prix varient de 300 à 450 euros. En moyenne, les parents dépensent 5000 euros par an rien que pour le logement! C'est la moitié d'un budget d'études supérieures sur un an. À cause de cela, des tas de jeunes sont barrés et ne peuvent avoir accès à des études supérieures». D'autant, analyse le député, qu'il existe un sérieux problème de mobilité.

«Les jeunes qui ne peuvent pas se payer de kots sont parfois confrontés à des problèmes de lignes de transport en commun virtuellement inexistantes qui ne leur permettent pas non plus de se déplacer. Il y a donc là un véritable problème d'accessibilité aux études au-delà de toutes les autres difficultés comme le minerval, le prix des photocopies, etc. L'accès au kot, c'est souvent la base pour accéder aux études.»

Les kots dans l'ancrage communal

Quelle solution, dès lors, pour lutter contre l'inexistence de logements étudiants à prix abordable, sans parler de la disproportion entre le prix demandé pour un kot et son état de salubrité?

Hervé Jamar proposera dans les prochains jours au Parlement wallon de modifier le Code wallon du Logement.

Actuellement, le fameux «ancrage communal» prévoit normalement que chaque commune wallonne dispose dans son parc locatif d'un certain pourcentage de logements sociaux. Sans quoi, les communes sont, théoriquement, sanctionnées financièrement. Le but étant évidemment de tenter de créer de la mixité sociale et de ne pas «ghettoïser», villes et villages faits soit uniquement de personnes aisées, soit d'habitants précarisés.

Ce que le député libéral propose est d'intégrer à ce cadre l'obligation pour les communes de créer du logement à loyer modéré pour les étudiants, notamment dans des bâtiments communaux désaffectés qui pourraient être réhabilités à cet effet.

«Et ce, explique Jamar, dans et à proximité des communes où est dispensé un enseignement supérieur et/ou universitaire.» Problème : comment imposer cela aux communes, elles qui n'appliquent déjà pas toutes l'ancrage communal et ne respectent pas la part normalement dévolue au logement social? Hervé Jamar ressort alors la Déclaration de Politique Régionale qui précise que l'accessibilité aux études est une priorité.

Reste, conclut Jamar, que la problématique des kots doit être intégrée dans une réflexion plus large sur l'accès aux études.

«Parce que nous sommes arrivés aujourd'hui à une fracture de plus en plus nette entre ceux qui ont les moyens d'envoyer leurs enfants aux études et les autres». Une réflexion particulièrement valable pour la classe moyenne, à la fois trop courte pour financer des études (à moins de se sacrifier) et trop à l'aise pour bénéficier des mesures sociales existantes.

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