PROCES KITTY

Le trio est massivement coupable

Le suspense a pris fin hier : Cheikhni, Kurum et Iasir sont bien les meurtriers de Kitty. C'est Kurum qui a tiré mais en concertation.

La meilleure façon de synthétiser l'arrêt qui motive le verdict que les jurés ont prononcé lundi matin est de s'en référer au réquisitoire du procureur général, Bernard Dauchot, qui a été suivi de bout. Le magistrat n'avait pas tous ses apaisements en ce qui concerne la participation de Galip Kurum et de Hassan Iasir dans un braquage commis à Roux, la nuit du 7 au 8 novembre 2007. Par conséquent, le représentant du ministère public avait suggéré leur acquittement. Quant à Noureddine Cheikhni, il avait avoué cette attaque violente et, de toute manière, il avait perdu du sang sur place. Il était clairement identifié.

Réquisitoire reçu cinq sur cinq

Quant au fait principal qui ébranle la Belgique depuis la nuit du 3 au 4 décembre 2007, les douze jurés se sont alignés comme un seul homme sur tous les arguments exposés par le procureur général. C'est ce que nous a appris hier soir la présidente de la cour, la juge Karin Gerard, quand elle a lu publiquement l'arrêt qui motive le verdict du jury. Les «juges d'un jour» sont certains que Galip Kurum est l'homme qui a fait feu sur le combi VW de la police avec un fusil d'assaut, une Kalachnikov AK 47 provenant de l'armée roumaine. Le deuxième accusé, qui mesure 1,88 m, était le seul à avoir la taille requise, c'est-à-dire un minimum d'1,80 m. Or, Cheikhni mesure 1,71 m et Iasir 1,74 m.

L'intention homicide ne fait pas de doute, compte tenu de la dangerosité de l'arme guerre utilisée pour mitrailler Kitty Van Nieuwenhuysen et son collègue, Peter Van Stalle. Compte tenu aussi du nombre de coups tirés, 16 au minimum, et des organes vitaux qui ont été visés.

Toujours dans la droite ligne du réquisitoire du procureur général Dauchot, les jurés ont estimé que les deux co-accusés de Kurum ont joué un tel rôle dans les opérations que sans eux, ce crime n'aurait pas pu être commis.

«Un travail de Bénédictin»

La présidente Gerard a aussi indiqué dans son arrêt que les jurés ont reconstitué la chronologie des évènements grâce aux nombreux témoignages, ceux des policiers et des juges d'instruction, notamment. Aux yeux du jury, les trois gangsters se sont rendus à Lot, la nuit du drame pour voler une camionnette Renault munie d'un élévateur. L'arrêt n'en dit pas plus sur cette tentative de vol mais les enquêteurs avaient relevé que ce type de véhicule est idéal pour qui veut commettre un casse avec une voiture bélier. Or, les deux premiers accusés sont spécialisés dans des attaques avec des véhicules béliers.

L'audience reprend ce matin à 11h30 pour débattre des peines à infliger aux coupables. Ils sont passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.

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