ASSISES

Portraits sans fard des accusés du meurtre de Kitty

Parano, psychopathe, brute épaisse... Aux assises «de» Kitty, les adjectifs utilisés par les psychiatres qui ont examiné les accusés.

Les examen s mentaux des meurtriers présumés de la policière Kitty Van Nieuwenhuysen ont abouti à des résultats très contrastés. Par contre, tant Noureddine Cheikhni que Galip Kurum et Hassan Iasir ont eu un même refrain, une rengaine commune quant à la tristesse de leur sort de «victimes d'une erreur judiciaire».

Fondamentalement, Cheikhni est intelligent, avec des tendances paranos. Pendant tous les entretiens avec les drs Michel Elias et Walter Poelman, il était sur la défensive, tentant de contrôler et de censurer tout ce qu'il disait. Le premier accusé est très narcissique aussi, à l'excès même selon les témoins, du fait qu'il sait qu'il est doté d'une bonne intelligence. Conséquence : il présente un important déficit d'investissement vis-à-vis d'autrui; l'affectivité est centrée sur lui-même, avec surestimation de ses capacités et égocentrisme. Son insertion professionnelle est instable. Sa capacité émotionnelle est très faible.

Les drs Jean-Paul Beine et Gérard Charles ont, pour leur part, examiné Galip Kurum et Hassan Iasir. À l'estime des deux psychiatres, Kurum est très limité sur le plan intellectuel. Le dr Beine n'a pas hésité à déclarer : «Sa personnalité est de type psychopathe délinquant. Ce qui implique une dangerosité sociale certaine, compte tenu de la faiblesse de ses repères moraux». Il ne s'agit donc pas d'une dangerosité qui résulterait d'une maladie. C'est sa personnalité de «brute épaisse», pour simplifier, qui fait qu'il ne sait pas ce qui est moral et ce qui ne l'est pas. Les témoins d'ajouter encore que ce géant d'1,88 m est resté très immature et présente des comportements puérils.

Enfin, les mêmes experts ont encore examiné Iasir qui, comme Cheikhni, dispose d'une bonne intelligence et surtout d'une mémoire très performante. Le dr Charles a exposé que la personnalité du 3ème accusé n'est pas psycho pathologique, qu'elle est avant tout antisociale.

Ce mercredi matin, vient le temps de la polémique avec les expertises ADN.