JUSTICE

Procès Kitty : ADN et magouilles

Procès Kitty : ADN et magouilles

Selon l'accusation, la culpabilité du trio repose sur la téléphonie et sur leurs empreintes ADN découvertes dans une Volvo S60. Belga

Les trois accusés ont été interrogés pendant toute la journée , à propos de la téléphonie, notamment, mais surtout à propos de leurs empreintes ADN.

Cette fois, o n est entré au coeur du sujet au procès de Noureddine Cheikhni (33), de Galip Kurum (32) et de Hassan Iasir (34). Tous trois nient farouchement toute participation aux évènements de Lot qui ont coûté la vie à Kitty Van Nieuwenhuysen, la jeune policière qui allait avoir 24 ans. Les gangsters qui ont croisé sa route, la nuit du 3 au 4 décembre 2007, ont laissé au sol deux blessés graves aussi.

Selon l'accusation, la culpabilité du trio repose sur la téléphonie et sur leurs empreintes ADN découvertes dans une Volvo S60 équipée d'un moteur T5 pour la compétition. Celle-ci a été abandonnée sur place, à Lot. Pour être plus précis, ces empreintes ont été relevées sur des outils rangés dans un sac déposé sur la banquette arrière de la Volvo. L'ADN de Iasir était également sur un gilet pare-balles à côté du sac.

La Volvo a été très probablement abandonnée par des malfaiteurs qui préparaient un gros coup. Cependant, ils avaient installé une batterie trop faible pour un véhicule aussi puissant. Ce modèle de compétition a calé à l'endroit fatal et son conducteur n'a jamais réussi à la redémarrer. C'est sans doute pour cette raison qu'ils se sont emparés de la Peugeot neuve qui était devant la maison de la famille Sacoor.

Magouilles et ADN

Arguments de Cheikhni à propos des indices de preuve : «Il y a eu de la magouille avec les ADN! Ce que je sais, c'est que Charleroi, c'est petit. J'étais mécanicien et carrossier. J'avais un grand garage et je prêtais souvent mes outils. Parfois, certains ne me les ramenaient pas» . Son GSM et celui de Kurum se sont appelés à 199 reprises en l'espace d'un mois, entre novembre et décembre 2007.

Cheikhni : «Kurum et moi, on se connaît depuis l'enfance. On était à l'école ensemble. On se voyait souvent et on s'appelait beaucoup. En novembre 2007, on était tous les deux en congé pénitentiaire, avec comme condition de ne plus se voir. Donc, on ne se voyait pas mais on s'appelait. Mais 199 coups de fil, c'est beaucoup. C'est trop!» .

Kurum affirme pour sa part qu'il a enterré sa vie de mauvais garçon après avoir purgé près de 6 ans de détention. Il avait été condamné à 6 ans de prison ferme, comme Cheikhni, pour le braquage de la poste de Lodelinsart qu'ils avaient perpétré ensemble en 1999. «Avant ça, j'avais vendu des stups aussi. C'était horrible, j'ai abandonné aussi!», a-t-il affirmé hier. En un mot comme en cent, les analyses ADN et les relevés téléphoniques, c'est un complot!

Iasir a, de son côté, avoué «une grosse magouille» . En décembre 2008, il avait corrompu un employé du greffe de la prison de Forest. Pour le reste, si son profil ADN a été découvert sur une pince-à-bec, c'est sans doute parce qu'il allait souvent dans le garage de Cheikhni... Quant au gilet pare-balles, il attend des explications de la part des experts qui vont témoigner bientôt.