ETUDES «INTERPHONE» ET DERIVES

Ce qu'un utilisateur de portable devrait savoir

Ce qu'un utilisateur de portable devrait savoir

EdA - Jacques Duchateau

Les champs électromagnétiques artificiels nous baignent toujours plus dans une soupe d'ondes. On en sort épuisé. Peut-être porteur de tumeurs.

Dans un message paru dans le Journal de médecine professionnelle et environnementale du 24 janvier dernier, sur les conséquences de la téléphonie mobile sur la santé, deux des principaux chercheurs de l'étude internationale «Interphone» parlent de risques accrus de tumeurs. Ils conseillent d'utiliser davantage le SMS, un kit main libre et/ou le mode haut-parleur du téléphone, de manière à réduire l'exposition du cerveau aux radiations.

Des effets à long terme semblent en effet se confirmer. Ainsi, «un risque accru d'une forme particulièrement dangereuse de tumeur cérébrale à long terme chez les grands utilisateurs est préoccupant...».

Par grands utilisateurs, ils entendent déjà une demi-heure d'utilisation quotidienne! Et, chez des sujets à faible utilisation, on aboutit à des ratios de risque supérieurs à 1 pour le gliome, le type de tumeur en question. C'est bien ce qu'affirment dans ce journal la chercheuse française Elizabeth Cardis et l'Israélien Siegal Sadetzki.

L'étude, qui a débuté en 2000, avait pourtant apporté des préconclusions plutôt rassurantes : pas de risque avéré. Aujourd'hui, revirement! On joue la précaution, estimant que l'élévation du risque de tumeurs solides apparaît bien des années plus tard pour l'utilisateur.

Les recommandations actualisées, que font ces deux éminents chercheurs dans le domaine du cancer, touchent davantage les jeunes. Elles rendent donc tout à fait obsolètes les recommandations officielles de notre site gouvernemental www.infogsm.be qui nie toujours les effets et dangers pour la santé. Sauf cette «chaude» recommandation faites aux suspicieux par le même site officiel : «...Néanmoins, si vous avez quand même des doutesà cet égard, nous vous conseillons, ainsi qu'à vos enfants, d'utiliser une oreillette et de limiter la durée des communications...»

Expert scientifique belge indépendant en environnement électromagnétique, Benoît Louppe témoigne : «Ce qui est étonnant c'est que l'on attendait des conclusions de cette étude Interphone, financée à 50 % par l'industrie, dès 2006. Depuis, tout a été dilué. Le paradoxe est souvent d'entendre qu'il n'existe aucun danger mais qu'il faut quand même se protéger. »

Cela fait plus de quinze ans que Benoît Louppe cherche des solutions techniques pour contrer les effets pervers des brouillards électromagnétiques artificiels chez les personnes électrosensibles.

Chez les adolescentsgrands utilisateurs de portables dont les chambres se transforment souvent en local hi-tech, les problèmes nerveux croissent. Les cas de schizophrénie se multiplient.

«En dessous de 12-14ans, quand le système nerveux est en développement, on recommande de ne pas dépasser les 3 minutes d'utilisation du portable.» L'expert regrette encore l'hypocrisie régnant depuis l'apparition des premiers mobiles en 1994 : «Il existe trop de rétention d'information et de désinformation! Je travaille aussi avec des médecins inquiets. Je remarque au moins deux choses au niveau des plaintes : des sensations d'hyperthermie au niveau du visage avec picotements et des douleurs dans les oreilles».

www.etudesetvie.be; www.teslabel.be