Ex-prof de musique dans un collège de Paris, Brune a saisi sa chance dans le métro de la ville. Avec Valentin Montu, le réalisateur de son 1 er album, elle propose des chansons pop-rock efficaces.

C'est connu depuis que Lio l'a chanté : les brunes ne comptent pas pour des prunes. Nouvelle venue dans le petit monde de la chanson française - après quelques années de galère - Brune compte bien démontrer qu'il faudra désormais compter sur elle. Son premier album éponyme - sorti voici un peu moins de deux mois - sous le bras, elle arpente désormais la scène pour délivrer ses chansons au ton résolument rock. On a ainsi pu la voir à Bruxelles le jeudi 9 décembre, sous le chapiteau Magic Mirror.

Née Caroline Bayendrian, Brune a vécu son enfance à Lyon, dans une famille arménienne où son papa, violoniste amateur, écoutait de la musique classique et sa maman de la musique traditionnelle. «J'ai commencé à faire des groupes de rock sur Lyon tout en continuant à apprendre le piano. Je faisais ça en cachette car mes parents n'auraient pas vu ça d'un bon oeil.» Quelques années plus tard, un diplôme de professeur de musique en poche, elle part sur Paris. C'était il y a huit ans. Pour vivre, la voilà qui enseigne dans un collège, à des lycéens boutonneux qui avaient entre 11 et 15 ans. Pour rendre son cours intéressant, elle sort des sentiers battus : «Généralement, les professeurs de musique étudient des vieux chanteurs français. Moi, j'aimais bien mélanger, je voyais autant Placebo que Serge Gainsbourg. Je préférais faire des choses que j'aimais, car pour moi, être professeur, c'était un peu frustrant...»Puis vient l'expérience du métro (lire encadré). Une expérience qui lui permettra de se faire connaître. De rencontrer un batteur. Puis quelqu'un capable d'amener un nouveau souffle à son projet : Valentin Montu. «En tant que réalisateur, il m'a fait écouter plein de choses qu'il aimait bien, comme Nine Inch Nails, que je ne connaissais que de nom. On a aussi beaucoup écouté The Cardigans...» Le résultat? Un album pop-rock avec une pointe d'électro (Tout ça, Léa, Je n'oublie pas ...) où la belle évoque des thèmes comme la tristesse, la rupture, Paris... toujours de façon élégante et efficace.

«Avec Valentin, on a tout fait à la maison. Il a enregistré, joué, arrangé, mixé... Chez 3ème Bureau (NDLR : le label), ils ont aimé l'album comme ça. Ils ont juste demandé de faire quelque chose de moins propre. Et cela a réjoui Valentin.» Il s'en dégage aussi une belle énergie, que la chanteuse revendique et essaye de retranscrire sur scène. Ce n'est pas pour rien si le meilleur concert auquel elle a assisté soit celui de Prodigy.

Si le premier single Paris n'a pas bien marché - «C'est dommage parce que j'aime bien cette chanson. Certains nous ont dit qu'elle était trop sombre.» - le deuxième extrait Rupture Song a eu son petit succès en France, surtout sur internet. «C'est la chanson la plus pop - musicalement parlant - de l'album et aussi la plus populaire, dans le sens où elle peut plaire à des gamins et des personnes plus âgées.» Dans le clip, elle ose les robes colorées et les chaussures vernies bleu électrique, comme sur sa pochette d'ailleurs. Une rebelle, Brune? «Je suis une rebelle dans le sens où je me dis que si ma vie ne me plaît pas, je peux la changer. Je suis volontaire et travailleuse. Par exemple mon boulot de prof ne me plaisait pas du tout, il a fallu que je change... Je suis plutôt rebelle vis-à-vis de moi.» Et coquette aussi. Au point, à un moment, de compter ses premiers cheveux blancs, ce qui a donné une chanson. «J'en ai de plus en plus... Je n'arrêtais pas de les compter. À un moment, je me suis dit qu'il fallait que j'arrête...», déclare Brune dans un éclat de rire. Tiens, mais au fait, pourquoi Brune? «Je cherchais un nom qui me corresponde vraiment. Ce n'est pas seulement pour la couleur de cheveux. Pour moi, ce mot a une image de quelqu'un qui a de la volonté, du caractère...» Brune, «Brune», Wagram/Pias.