COTE D'IVOIRE

L'Europe met la pression sur Gbagbo

L'Union européenne intime l'ordre à Gbagbo de quitter le pouvoir rapidement. Sur le terrain la situation reste tendue.

L'UE a exhorté vendredi l'armée ivoirienne à se placer sous l'autorité d'Alassane Ouattara, après les violences d'Abidjan, et a haussé le ton contre Laurent Gbagbo, menacé de sanctions par la France s'il ne quitte pas le pouvoir d'ici à la fin de la semaine.

L'appel, lancé par les dirigeants européens à l'issue d'un sommet à Bruxelles, intervient alors que la communauté internationale redoute un embrasement en Côte d'Ivoire au lendemain de violences meurtrières à Abidjan.

Les forces de l'ordre fidèles à Laurent Gbagbo quadrillaient vendredi la capitale économique du pays.

Les chefs d'État et de gouvernement de l'UE ont appelé tous les dirigeants ivoiriens, tant civils que militaires, qui ne l'ont pas encore fait, à se placer sous l'autorité du président démocratiquement élu, Alassane Ouattara.

Le chef de l'État français Nicolas Sarkozy a lancé quant à lui un ultimatum. Laurent Gbagbo figurera avec son épouse sur cette liste s'il ne part pas «avant la fin de la semaine», a-t-il dit à Bruxelles.

«Laurent Gbagbo et son épouse ont leur destin entre leurs mains. Si avant la fin de la semaine Laurent Gbagbo n'a pas quitté le poste qu'il occupe en violation de la volonté du peuple ivoirien, ils seront nommément sur la liste des sanctions», a déclaré Sarkozy.

«Ce qui se passe en Côte d'Ivoire est parfaitement inadmissible , des élections ont eu lieu, sous le contrôle des Nations unies, elles ont été validées par les Nations unies. Mieux, la totalité des États africains ont reconnu l'élection d'Alassane Ouattara», a-t-il poursuivi.

À Bruxelles, certains diplomates s'avouent néanmoins sceptiques quant à l'efficacité des sanctions contre Laurent Gbagbo.

Depuis la décision de principe, lundi dernier, des ministres européens des Affaires étrangères de sanctions contre ses proches «il n'a pas réagi du tout et ne les a même pas commentées», r elève l'un d'eux.

Les Européens comptent beaucoup sur la suspension des droits du gouvernement sortant au sein de la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, qui devrait prouver aux fonctionnaires encore loyaux à M. Gbagbo qu'il sera bientôt à court de ressources financières pour verser leurs salaires.

À ce propos, la suspension du pays de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) devrait être décisive, se réjouit un autre diplomate qui relève que déjà les salaires de novembre sont a priori bloqués.

Vendredi, le chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a aussi estimé «que la responsabilité finale de la crise politique réside chez ceux qui empêchent un transfert rapide et pacifique du pouvoir au président élu Alassane Ouattara».

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