Des rééditions, des éclairages sur sa jeunesse ou un témoignage de Tahar Ben Jelloun viennent célébrer le souvenir de Jean Genet.

P our rappeler que, le 19 décembre 1910, naissait le mauvais garçon devenu une icône du Paris littéraire de la deuxième moitié du XXe siècle, Gallimard, son éditeur historique, publie une dizaine d'ouvrages le concernant. Quelques rééditions de ses oeuvres, comme Querelle de Brest accompagné du DVD du film qu'en a tiré Fassbinder (L'Imaginaire ), mais aussi des inédits, principalement La Sentence suivi de J'étais et je n'étais pas . Reparaît également Jean Genet, matricule 102.102 (Cahiers de la NRF), fruit d'une enquête minutieuse sur l'ex-enfant de l'Assistance publique jusqu'à sa sortie de prison en 1944.

Tahar Ben Jelloun, de son côté, lui consacre une pièce de théâtre (Beckett et Genet, un thé à Tanger ) tout en évoquant l'homme tel qu'il l'a connu dans Jean Genet, menteur sublime. C'est en 1973, lors de la parution de son premier roman, Harrouda, que le futur juré Goncourt est contacté par l'auteur de Notre-Dame-des-Fleurs . Celui-ci, qui jouit alors à Paris d'une image prestigieuse lui demande d'écrire, pour le Monde, un article sur la lutte des Palestiniens, cause qu'il a faite sienne après avoir ardemment défendu celle des Noirs américains. L'article paraît après moult correction et les deux hommes ne vont cesser de se voir jusqu'à la mort de Genet en 1986. Au point que Ben Jelloun affirme avoir à son égard «une dette immense» .

Dans ce récit magnifique de simplicité et de sincérité, l'écrivain franco-marocain explore diverses faces de ce personnage extrêmement complexe, notamment sa haine de la France et plus globalement de l'Occident. Une haine qui pourrait prendre sa source dans ses années passées à la Légion étrangère. Cet épisode de sa jeunesse est d'ailleurs longuement raconté dans Jean Genet. Une jeunesse perdue, un nouveau titre de la collection biographique «À 20 ans» (Au Diable Vauvert) que vient de signer Louis-Paul Astraud.

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