Les communes grattent leurs réserves. Les épandeuses bouffent littéralement le sel pour permettre de bonnes conditions de circulation.

À Dison, on a déjà épuisé la moitié du stock annuel de sel. À Rendeux, on prévient que, «en raison des conditions climatiques de ces derniers jours et du manque d'approvisionnement en sel par notre fournisseur, le service de déneigement n'est provisoirement plus en mesure d'assurer l'épandage sur le territoire de notre commune ». Et ainsi de suite, dans un bon paquet de communes.

Quant au bourgmestre de Rochefort, il pourrait reprendre presque mot pour mot ce qu'il disait en janvier dernier. «C'est vrai. On n'a plus rien depuis hier (jeudi) matin. On garde une dizaine de tonnes de sel pour les situations critiques. Mais c'est 30 tonnes par sortie », résume François Bellot.

L'hiver, à proprement parler, n'est pas encore entamé. «Mais depuis le 15 novembre, on a reçu 260 tonnes de sel. Un hiver normal, c'est 300 tonnes par an, si on fait la moyenne des dix dernières années. Mais notre fournisseur Esco n'a plus un gramme en dépôt ».

Le contrat prévoit une livraison dans les 24 heures. «Enfin, ça, c'est en principe. Ils invoquent la force majeure, des conditions exceptionnelles. Moi, je veux bien. Mais le contrat est bétonné. Imaginez qu'il fasse moins vingt pendant un mois ...»

Un bateau doit arriver à Rotterdam lundi pour renflouer les dépôts d'Esco. Les premières livraisons ne pourront ravitailler les communes que mardi matin. Il faudra tenir jusque-là. Et il faut assumer le week-end et la journée de lundi. Certaines communes se sont rabattues sur le sable qui, à défaut de faire fondre la neige et la glace, permet une meilleure adhésion. Ou alors, un mélange sel et sable.

«En 2001 ou 2002, on a atteint un pic de consommation de sel inédit : 600 tonnes. Il n'y a pas eu de problème d'approvisionnement. Ici, on consomme 300 tonnes en un mois et c'est la rupture de stock », poursuit le député bourgmestre rochefortois. «Des hivers terribles, il y en a toujours eu. Mais maintenant, on a habitué les gens à une qualité de déneigement et de salage. C'est bon pour l'économie du pays parce que les gens peuvent aller travailler. On a les équipements techniques pour assurer l'épandage. Mais... on n'a plus d'approvisionnement », constate François Bellot. Pour qui la situation quasi monopolistique du fournisseur explique en partie la pénurie. «Ils peuvent négocier à leurs conditions... »

Nos dernières videos