Benoît Lutgen prépare un débriefing de l'interdiction de circuler pour les plus de 7,5 tonnes. «Mon rôle, c'est de faire en sorte que ça s'améliore»

C' était une première en Belgique. L'interdiction de rouler pour les poids lourds de plus de 7,5 tonnes a été «activée» jeudi à 14h30 et levée le lendemain vers 10 heures du matin. Le temps d'une polémique lancée par l'Union professionnelle des Transporteurs routiers (UPTR). Et si c'était à refaire? Selon le ministre wallon compétent, aucun doute : il le referait! Benoît Lutgen, avec un peu de recul, et dans les mêmes conditions, vous reprendriez la même décision?Bien sûr! J'assume. Heureusement que cette décision a été prise. Les choses ont évolué au fil de la matinée de jeudi. Au bout d'un moment, il faut trancher. Et j'ai suivi les propositions faites sur base d'un triple monitoring : les prévisions météo, la réalité du trafic avec la police de la route et ce qui se décide dans les régions voisines (France et Grand-Duché). Si on n'avait pas interdit la circulation à ce moment-là, c'était le chaos assuré sur l'ensemble du réseau namurois, luxembourgeois et liégeois. Avec des camions en ciseau, des frontières quand même fermées, des risques d'accidents graves, des heures d'embouteillage et des automobilistes coincés la nuit dans leur véhicule.

La réalité météo a longtemps laissé penser que c'était un peu prématuré d'activer l'interdiction à 14h30...Oui. J'ai entendu : «Tout ça pour trois flocons». À Bastogne, dans la nuit de jeudi à vendredi, il y avait 38 cm de neige... Tous ceux qui étaient sur le terrain peuvent le dire. Ils auraient encore pu rouler une heure, oui. Mais ils se seraient retrouvés de toute façon coincés plus loin.

En terme de communication, on pouvait faire mieux peut-être?La semaine prochaine, j'invite les différents acteurs pour un débriefing complet avec les différents acteurs : la police de la route, un représentant de la ministre de l'Intérieur, les gouverneurs, etc. On va examiner l'ensemble de la situation : coordination, communication, signalisation, info vers le grand public et les transporteurs, ravitaillement, consignes en terme de sanction... Mon rôle, c'est que tout s'améliore. Cela dit, les problèmes qu'on a pu connaître ne viennent pas de la communication. Malgré les panneaux mobiles et les injonctions des agents, vous voyez des «30 tonnes» continuer leur route. On pourrait mettre même des panneaux en italien, en espagnol, ça ne changerait rien. Ce sont le plus souvent eux qui se sont retrouvés au milieu de nulle part.

Ce sont les «inciviques» dont vous avez parlé...Oui. C'est insupportable. Heureusement, la grosse majorité des conducteurs respectent les consignes.

Vous avez prévenu qu'il y aurait des sanctions sévères. Par exemple?Le non-respect des injonctions des agents, c'est une infraction grave. En France, c'est un retrait de permis immédiat et un jugement souvent dans les 48 heures. Je vais écrire aux différentes fédérations européennes de transporteurs et aux différents ministères des Transports pour leur rappeler les règles de circulation en vigueur chez nous, en terme de dépassement, de jets de détritus...

Vous aviez promis à l'UPTR de ne pas prendre une décision d'interdiction?Je n'ai jamais dit ça. J'ai dit que si on subissait des conditions météo exceptionnelles et que si des mesures étaient prises dans d'autres pays, je pourrais être amené à décider une interdiction.

Nos dernières videos