À Bruxelles, Bertrand Piccard a présenté «Les Ailes du désir», film parlant d'exploit et de rêve. On y suit l'envol de l'avion zéro carburant.

C'est un documentaire exceptionnel. Parce qu'il raconte un rêve fou. Celui de Solar Impulse. Un projet d'envergure, à l'image des ailes déployées du bel oiseau en composite. Une épopée qui a réuni des centaines d'hommes et de femmes convaincus de l'importance de l'enjeu : voler de jour comme de nuit, jusqu'à très haute altitude grâce à l'énergie fournie par le soleil. Derrière ce challenge, une aventure scientifique profondément teintée de respect et de protection de l'environnement. Les images sont belles à couper le souffle. L'inquiétude, les joies, les soulagements, les craintes, la libération... autant de sentiments et d'émotions partagées tout le long des étapes qui ont vu naître le bel objet volant. Jusqu'à son décollage à 35 km/h.

Le réalisateur belge des Ailes du soleil, Henri de Gerlache, issu d'une famille de scientifiques explorateurs et aventuriers comme le Suisse Bertrand Piccard, a su faire passer l'émotion qu'a suscitée cette naissance. En 52 minutes et quatre ans de suivi, il retrace par le son et l'image l'esprit pionnier de Solar Impulse et l'aventure du vol, minute par minute :«L'extraordinaire instant où, pour la première fois cet avion énorme s'est envolé, j'étais caméra au poing sur le toit d'une voiture à quelques mètres seulement de la queue de l'avion. En revoyant ces images, je me suis dit que ce fut une chance extraordinaire de suivre cette aventure de si près.» Pour Bertrand Piccard, père du projet, l'idée folle a suivi son atterrissage à la suite du premier tour du monde réalisé en ballon.

«Avec mon équipier Brian Jones, on a brûlé 3,7 tonnes de propane liquide pour réaliser ce tour de la Terre. Il nous restait juste quelques dizaines de kilos à l'arrivée. On a réussi là où d'autres ont échoué, car nos réserves en gaz étaient suffisantes. C'était un exploit du siècle passé. Ceux du 21e siècle devraient consister à trouver la manière de concilier intérêts économiques et écologiques, de promouvoir de nouvelles technologies pour économiser l'énergie et créer des sources alternatives.» Faire voler un avion au solaire n'est donc pas le véritable et unique but de l'équipe de cinquante ingénieurs et de tous les autres experts. André Borschberg, ancien pilote de chasse helvétique, ingénieur et chef d'entreprise, est le partenaire de Bertrand Piccard. Il est resté 26 heures dans le poste de pilotage dont le cockpit a été mis au point par la société Solvay. Le fleuron de notre pétrochimie a pris les devants en sponsorisant le projet dès le départ. Plusieurs composants équipant l'avion, dont cette «verrière» en mousse transparente, ont été conçus par l'entreprise belge.

«De grandes entreprises ont compris l'intérêt de figurer dans les pionniers de nouveaux concepts. Depuis ce vol réussi, partout dans le monde, des gouvernements nous invitent pour montrer cette technique. Pour nous, c'est une façon de passer à l'action politique. Le solaire ne sera pas la solution pour tous, il y a l'éolien, l'hydroélectrique, la biomasse, la cogénération...», poursuit Bertrand Piccard.

La prochaine étape sera sans doute un vol symbolique entre la base d'Impulse solar dans le canton de Vaud et Bruxelles, capitale de l'Europe. Un vol transatlantique est envisagé. Le tour du monde est planifié dans la foulée en 2013 en cinq étapes d'environ cinq jours chacune. Et ce n'est pas le mot de la fin.

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