«Le beau livre n'existe qu'en langue française!»

En Belgique, le Fonds Mercator reste, avec quelques rares autres, un des derniers éditeurs de beaux livres à tenir la tête hors de l'eau. Depuis 2005, cette maison d'édition qui auparavant était ancrée dans le secteur bancaire (Paribas-Belgique puis Dexia) vole de ses propres ailes. «Nous avons racheté, à quatre, l'ensemble du Fonds, se souvient Jan Martens (photo) qui est à la tête de la maison depuis les années 70, désormais nous avons une complète indépendance éditoriale. Et de 3 à 4 titres par an auparavant, nous en publions désormais 20 à 25.» Pour Jan Martens, la pérennité d'une maison comme la sienne ne peut être assurée que via quelques grands principes. «Le Fonds avait une excellente réputation. Nous avons construit sur cette réputation en privilégiant le "livre à niche" qui s'adresse à un public clairement identifiable. C'est, par exemple, notre collection consacrée aux arts premiers ou encore nos catalogues raisonnés.» Même si, dans ce dernier cas, on ne peut que souligner le large succès public de celui consacré à Magritte ou encore de l'intégrale des lettres de Vincent van Gogh, un des gros succès du Fonds, coédité avec le Van Gogh museum. La coédition et l'internationalisation sont les autres piliers du Fonds Mercator. «C'est ce que j'appelle une stratégie de l'ancrage, poursuit Jan Martens, nous coéditons avec de grands musées du monde entier, à Amsterdam, Paris, New York, Londres etc., des catalogues. Je pense que nous sommes sur la même longueur d'ondes qu'eux, que nous faisons ce qu'ils attendent de nous. Et puis notre force, là, est que nous pouvons proposer un élargissement de l'audience en coéditant en plusieurs langues. Nous travaillons avec une dizaine d'éditeurs différents.» Le fonds est un grand exportateur - pas loin de 70 % de son chiffre d'affaires - «c'est principalement grâce à notre multilinguisme. Même si, le beau livre en tant que tel est une notion typiquement française. L'édition anglaise ou allemande ne fait pas de différence!» Et les fêtes de fin d'année, une bonne affaire pour le Fonds? «Certainement. Ça reste une bonne période. Surtout que nous proposons depuis l'an dernier une nouvelle collection destinée au grand public et portant sur les beaux intérieurs. Marrakech l'an dernier, Paris cette année, New York l'an prochain...» M.F.G.

www.fondsmercator.be

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