Une étude universitaire française juge l'économie belge stable, avec une croissance supérieure à la zone euro. Mais la crise politique ternit le tableau.

L'instabilité politique en Belgi que explique la montée de la méfiance des marchés vis-à-vis de la dette du pays, dont les fondamentaux économiques restent par ailleurs bien meilleurs que ceux de l'Espagne ou de l'Irlande. C'est la double conclusion d'une étude universitaire française publiée samedi.

«Les fondamentaux de l'économie belge ne justifient pas une augmentation forte de la prime de risque à l'égard des obligations belges et un renchérissement prononcé des conditions de financement de l'État», écrit l'auteur de l'étude, Éric Dor, directeur de recherches à l'Institut d'économie scientifique et gestion (IESEG) de l'Université catholique de Lille.

«Les seuls facteurs qui peuvent expliquer la montée récente de la méfiance vis-à-vis de la dette belge sont essentiellement d'ordre politique», estime le chercheur, qui compare les indicateurs belges à ceux de l'Allemagne, la référence européenne, et de pays en difficulté comme la Grèce, l'Irlande et l'Espagne.

Il faut un gouvernement rapidement

Éric Dor souligne que la croissance belge est «supérieure à la moyenne de la zone euro» et que si la dette publique est effectivement «très élevée», le déficit est quant à lui «bien maîtrisé».

Il relève également le taux d'épargne record des ménages et une situation du secteur bancaire rassurante.

L'économiste pointe cependant du doigt la crise politique que traverse le pays depuis les législatives de juin. «La lenteur de formation du nouveau gouvernement retarde l'adoption des plans d'économies nécessaires et les milieux politiques laissent planer une incertitude totale sur les délais auxquels leurs négociations vont permettre d'arriver à un accord», souligne-il.

«Dans le même temps, les déclarations intempestives sur une éventuelle scission de l'État, bien que les obstacles politiques et techniques en réduisent très fortement la possibilité, ont suscité des craintes quant à la continuité du service de la dette si une telle possibilité se réalisait, ajoute le chercheur. Il est donc urgent d'en revenir à une situation politique normale.» L'universitaire français rejoint en cela le gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB), Guy Quaden, qui a appelé lundi dernier à la formation d'un gouvernement «dans les prochaines semaines».

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