Le coût et la manière dont est gérée la politique d'asile ont donné lieu à une foire d'empoigne nord-sud sur les plateaux télé.

La question sensible des de mandeurs d'asile a encore occupé le devant de la scène médiatique ce week-end. D'abord avec l'information dans la presse - le journal Le Soir de samedi - selon laquelle Fedasil, l'agence fédérale chargée de l'accueil des demandeurs d'asile, a un contrat depuis plusieurs mois avec la famille N. Un clan pakistanais très actif dans l'hôtellerie à Bruxelles, qui fait l'objet d'une enquête du parquet.

Certains membres de cette famille logeraient des étrangers dans des taudis moyennant de fortes sommes d'argent. L'enquête en cours ne vise toutefois pas la transaction avec Fedasil.

Six hôtels des frères N. fourniraient 500 lits aux demandeurs d'asile. Des neveux en logeraient pour leur part 300. En tout, Fedasil loueraient près de 800 lits à la famille N. sur un total de 1190 lits loués à Bruxelles. Coût approximatif d'un lit : 30 ¤ pour un adulte et 15 ¤ pour un enfant.

Dans le même temps, ce sont les journaux De Morgen et Het Belang van Limburg qui indiquait qu'environ 600 demandeurs d'asile ont introduit 420 dossiers devant la justice pour réclamer une astreinte à l'État belge qui ne les loge pas.

Selon De Morgen le coût de ces astreintes atteindrait 730000 ¤. Ces derniers mois 82 demandeurs d'asile ont reçu environ 330000 ¤ et Fedasil dispose, selon la députée CD & V Nahima Lanjri, d'une provision de 400000 ¤ pour de tels cas.

L'agence fédérale chargée de l'accueil des demandeurs d'asile a cependant démenti samedi ces montants. «Pour la bonne raison qu'ils ne sont pas connus », a indiqué la porte-parole. Regrettant au passage que la visite organisée avec des parlementaires et qui visait à leur donner une vision plus claire des besoins sur le terrain, ait donné lieu à de la «désinformation dans la presse». Vendredi après-midi, une vingtaine de députés de la Chambre, réunis en commission de l'Intérieur et de la Santé publique, avaient visité l'Office des étrangers.

500 ¤ : une erreur de justice Cette problématique des demandeurs d'asile a connu un prolongement politique par le biais des débats télévisés dominicaux qui ont donné lieu à une foire d'empoigne au niveau des chiffres, notamment au cours de l'émission de la RTBF «Mise au point». Le député Open Vld Patrick Dewael a dit percevoir une fracture entre francophones et flamands sur la question. Tandis qu'Alain Destexhe (MR) a plaidé comme lui pour une accélération des expulsions.

Comme le président de la N-VA, Bart De Wever, il y a une semaine, Melchior Wathelet a estimé que la politique en matière d'asile et de migration était trop fragmentée. Il serait préférable de n'avoir qu'un seul ministre compétent pour gérer la politique d'asile du pays, a affirmé hier le secrétaire d'État Melchior Wathelet (cdH) au cours des émissions de RTL-Tvi «Controverse» et de la VRT «De Zevende dag». Actuellement, M. Wathelet est chargé, de la procédure d'asile et des expulsions forcées. Tandis que le secrétaire d'État à l'Intégration sociale Philippe Courard (PS) est chargé de l'accueil des demandeurs d'asile. Le Premier ministre Yves Leterme intervient quant à lui en tant que coordinateur. Rappelant que la compétence avait été morcelée du temps du gouvernement Verhofstadt Ier, Melchior Wathelet a jugé qu'à l'avenir, le mieux serait de confier l'ensemble du dossier à un seul ministre, ce qui ne signifie pas pour autant que «cela résoudra tout ». Au cours de l'émission «Mise au point», Philippe Courard a qualifié d'erreur de la justice l'exigence de paiement de 500 ¤ par jour pour non-exécution de jugements qui imposent à l'État de loger des demandeurs d'asile.

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