BANDE DESSINEE

Mais dites-moi tout, contorsionniste

Margaux Motin dessine de la BD, telle qu'on la trouve dans les magazines féminins. Nous avons téléphoné pour parler de son 2 e tome, «La théorie de la contorsion.»

Avec le titre «La théorie de la contorsion», vous n'aviez pas peur que votre livre se trouve au rayon yoga?Pas du tout! Avec le premier tome, J'aurais adoré être ethnologue, j'ai failli finir au rayon «société». Je savais qu'il y avait un risque... (rires) Pourtant, si vous êtes fidèle à votre personnage, vous n'êtes pas trop sportive.Je m'y suis mise, je suis en train de devenir sportive. Je fais du vélo d'appartement, mais peut-on vraiment appeler ça un sport? C'est un sport de flemmarde. Je fais aussi une gymnastique quotidienne.Devant la télévision?Oui, en regardant les séries comme Cougar town et Glee.Quand on vous voit en vrai, on vous reconnaît d'après vos dessins?Peut-être au tatouage que j'ai sur le bras, ou à mes chaussures. On me reconnaît davantage à mes chaussures qu'à mon visage... Je me dessine beaucoup mieux que je ne suis dans la vraie vie.Est-ce que vous racontez aussi des anecdotes dans la vraie vie ou vous les gardez pour vos dessins?Je les réserve à mes dessins, parce qu'il y a un vrai travail d'écriture entre le moment où ça arrive et celui où je le dessine. Je ne suis pas quelqu'un qui parvient à raconter en stand up ou en one woman show.Vous avez un blog. C'est comme ça que vous avez débuté?C'est comme ça que j'ai débuté en tant qu'auteur, parallèlement à mon métier d'illustratrice que j'avais commencé bien avant. Je réalisais des couvertures de magazines, des dessins pour la presse féminine, et même des pubs pour Kelloggs.Quelles sont les contraintes d'un blog? Vous devez publier souvent?J'essaie qu'il y en ait le moins possible : sur internet, pas de règle, pas de loi. Les gens ont compris que je n'en fais qu'à ma tête... et ils sont juste contents quand un dessin arrive.Est-ce qu'une publication papier reste importante quand internet vous permet de toucher du monde?Je suis plus attachée au support livre. C'est important d'avoir un superbe outil de travail, un objet qu'on se passe, qu'on offre...

Vous allez en magasin voir la tête des gens qui l'achètent?Non, je ne fais pas très attention. Je ne me tiens pas au courant des chiffres de vente. Sans doute parce que ça marche bien : je suis à 40 000 exemplaires sur le tome 2, j'étais à plus de 50 000 avec le 1er.Vous êtes lue par des femmes uniquement?J'ai des petites jeunes filles et des dames très âgées. Et il y a de plus en plus d'hommes. Au début, ils n'osaient pas le dire, mais je crois que ça les rassure aussi de voir ces histoires de femmes. Ils voient des situations de leur quotidien et se disent : « Ah bon, c'est donc universelVotre éditeur n'exige pas que vous enleviez des dessins du blog?Le deal avec l'éditeur me permet de faire ce que je veux comme je veux. La censure ne vient que de moi, parce que j'estime que certains dessins n'étaient pas hyper bien dessinés.Comment réagit votre entourage, qui se retrouve dans vos livres?Il y a peu de protagonistes. Ma fille a cinq ans, ça lui passe au-dessus de la tête. Mes copines sont plutôt flattées. Ma mère râle de temps en temps, parce que je donne d'elle une image un peu stéréotypée.Vous pensez que votre fille sera encore dans vos livres quand elle sera plus grande?Jamais sans sa permission. Ou alors, peut-être, à l'adolescence, pour me venger si elle est vraiment atroce (rires).

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