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Des pistes pour «pousser» le dossier médical global

Des pistes pour «pousser» le dossier médical global

Reporters

Le dossier médical global connaît un succès croissant , mais insuffisant en Wallonie : la Mutualité socialiste a des idées pour le promouvoir.

Le dossier médical global, alias DMG, vous connaissez? Si les initiales ne vous disent rien, pas d'inquiétude : en Wallonie, parmi ses affiliés, la Mutualité Socialiste (MutSoc) n'en a repéré, l'an dernier, que 34,5 % à disposer d'un DMG auprès de leur médecin généraliste. À Bruxelles, la statistique est identique (34,7 %), mais en Flandre, elle est nettement plus significative (66,1 %). «Cela s'explique par une différence de recours à la médecine générale» nuance la Mutualité Socialiste. Elle n'en formule pas moins des propositions pour encourager la pratique du DMG.

Ouvert à tous

L'intérêt pour un tel document, qui centralise toutes les données médicales relatives au patient semble pourtant, aller de soi : instauré par l'accord médico-mutuelliste du 15 décembre 1998, mis en place le 1er mai 1999, le dossier médical global permet l'échange d'informations médicales entre acteurs de première ligne, et entre les divers échelons de soins. Réservé au départ aux personnes de 60 ans et plus, uniquement dans le cadre de consultations au cabinet du médecin, le DMG est étendu à l'ensemble de la population depuis le 1er mai 2002. Il se veut aussi instrument d'engagement entre le patient et son médecin traitant, en stabilisant leur relation, afin d'assurer la continuité des soins.

C'est peut-être là que le bât blesse. Des médecins sont réticents à ouvrir un dossier a priori réservé à des patients qui consomment beaucoup (malades chroniques, personnes âgées). D'autres sont gênés de réclamer, en plus de la consultation, les 28 euros non remboursables, pour la constitution du dossier. Certains le perçoivent comme un instrument de contrôle mis en place par l'assurance maladie-invalité. Mais il en est qui y voient un outil pour mieux soigner les patients en connaissant mieux leurs antécédents.

Les patients, eux aussi, apprécient la démarche. À la fin 2009, 48 % des affiliés de la Mutualité Socialiste, soit 1,5 million de personnes, possédaient un DMG : leur nombre a augmenté de 28,5 % en quatre ans.

Pour amplifier le mouvement, MutSoc propose de rembourser, selon le mécanisme du tiers payant, la consultation et la visite qui accompagnent l'ouverture ou la prolongation du dossier médical global. Elle suggère aussi l'octroi du droit au tiers payant social aux patients bénéficiant d'une intervention majorée, qui disposent d'un DMG. Elle insiste enfin sur la valeur médicale ajoutée de la démarche : le remboursement d'une visite annuelle de prévention chez le généraliste, pour les patients de 45 à 75 ans, devrait souligner cet aspect. Puisque chacun sait que prévenir est préférable à guérir.

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