FILM

«Le Boulet», du gras avant les fêtes

Comédie populaire au succès fulgurant, «Le boulet» repose pourtant sur un scénario épais comme du papier à cigarette. Mais comme on rit...

C'est le film qui a offert gloire et renommée à Benoît Poelvoorde Outre-Quiévrain. Bizarrement, car c'est loin d'être son meilleur. Le boulet, fait partie de ces comédies dont le succès est inversement proportionnel à l'intelligence du propos.

Résumons-nous : nous avons Moltès, un détenu pas du genre à ramasser la savonnette sous la douche. Et Reggio, un gardien de prison en proie à des problèmes de couple. C'est le second qui, chaque semaine, valide le bulletin de loto du premier. Lorsque Moltès gagne le jackpot, il croit revenir à la vie. Mais Reggio a égaré le ticket, qu'il croit dans les mains de sa femme, partie... sur un rallye en Afrique. Les deux compères vont tenter de la retrouver. Et Moltès, qui s'est évadé pour l'occasion, est prêt à tout pour cela.

Le courageux et le couard. Le gros dur et le freluquet. Le calme et le nerveux. Tout le film d'Alain Berbérian et Frédéric Forestier est construit sur cet antagonisme, celui de deux personnages que tout oppose, et que rend parfaitement à l'écran par un duo inédit, jamais reformé depuis, composé de Benoît Poelvoorde et Gérard Lanvin. Pour le reste, c'est bourré d'incohérences scénaristiques et filmé de façon épileptique, avec multitude de gros plans sur des faciès en sueur, et des scènes restées cultes hurlées par des spectateurs qu'on croirait shootés au speed (José Garcia dans le rôle du «Turc»). C'est gros, mais ça fonctionne. Et l'on finit inévitablement par rire de ces facéties un peu grossières.

La Une, 20.20

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