MONDIAL 2018

Mondial 2018: Peut-on faire sauter la banque en Suisse?

Mondial 2018: Peut-on faire sauter la banque en Suisse?

Le monde a les yeux tournés vers Zurich. Reporters

Quelles chances a-t-on d'obtenir le Mondial 2018 en Belgique et aux Pays-Bas? Bien sincèrement, impossible de le dire. On n'est pas favoris, mais...

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Voilà. Le grand jour est arrivé. À croire d'ailleurs, vu l'effervescence médiatique des derniers jours, que l'on vient seulement de s'apercevoir de l'importance d'un tel événement, à l'impact planétaire incomparable. À présent, si l'on en croit un sondage RTL, 55 % des francophones pensent que la Belgique et les Pays-Bas ont une chance d'être désignés pour l'organisation de la Coupe du monde 2018, et estiment que ce serait une bonne chose.

Cela ne change rien, néanmoins, à nos (petites) chances de décrocher la timbale. Elles dépendent de vingt-deux personnages, dont vous trouverez noms et qualités par ailleurs, courtisés, voire plus, depuis des mois par des campagnes de lobbying dont on peut imaginer qu'elles ont flirté avec la ligne blanche... dans le meilleur des cas. Ils représentent tous des entités footballistiques mondiales, mais roulent d'abord pour eux, certains plus que d'autres. Ne dit-on pas que Beckenbauer voterait russe parce que Gazprom sponsorise le Bayern?

Que va faire Blatter?

Dans cette mystérieuse foire d'empoigne, au fil des intérêts personnels, des alliances nouées et dénouées dans des couloirs ou bars d'hôtel jusqu'aux petites heures, sans même évoquer les élections prévues à la FIFA en 2011 qui tournent dans les têtes, y compris celle du président, on n'ose plus jurer de rien. Les Anglais, d'abord sûrs de leur fait, ont commencé à gamberger, minés par leurs propres médias. Hier, le Prince Williams dînait encore avec trois membres du Comité exécutif... Les Russes, dont on sait que le pouvoir financier a peu de scrupules, ne doivent pas le sentir trop bien puisque Poutine n'a pas voulu risquer une défaite de prestige en se déplaçant.

Ils étaient pourtant encore donnés gagnants hier par les bookmakers britanniques de William Hill (1,5 contre 1, pour 3 à l'Angleterre, 5,5 à l'Espagne-Portugal et... 41 au projet belgo-hollandais), alors que d'autres sites de paris ont préféré arrêter les frais en raison des rumeurs de corruption. Le ticket espagnol-portugais assure toujours être sûr de huit voix au départ. Et nous, dans tout ça? Même s'il y a parfois eu de la friture sur la ligne entre des Hollandais qui dirigent tout et les quelques Belges qui se sont démenés en coulisses, le mot d'ordre a été genre : «si on n'a pas de pétrole, on a des idées.» Il n'y aura rien à reprocher à une candidature qui aura fait le maximum avec ses moyens, qui partait avec un déficit d'image criard face à des mastodontes européens, et dont la cote semble avoir remonté les derniers jours. Suffisamment pour faire sauter la banque en Suisse et créer ce qui serait la plus grosse surprise de l'histoire de la Coupe du monde?

On connaît le raisonnement. Si on passe le premier tour, des voix nous reviendront... parce qu'on ne voudra pas les donner à d'autres. On profitera de la rivalité entre les colosses. «Believe me, it's possible» (croyez-moi, c'est possible), a encore clamé Harry Been mardi. En plus de celle de Michel D'Hooghe, la voix de Michel Platini nous paraît acquise, on pense aussi à celle de la Turquie, dont le coach national est Guus Hiddink, voire à celle de la Corée du sud ou de la Côte-d'Ivoire.

Last but not least, la grosse rumeur des derniers jours concerne bien l'impénétrable Sepp Blatter himself qui, esquinté par la réputation pourrie de son exécutif alors qu'il entend se succéder à lui-même, pourrait finalement voter pour nous, opter pour la ligne clean, la seule réellement irréprochable. Si c'était vrai, cela changerait forcément la donne. Peut-être pas aussi omnipotent qu'on le pense, l'homme a de l'influence. Comme disait Gullit, il n'y a rien de plus beau, de plus enivrant que de s'attaquer à l'impossible.