NEGOCIATIONS

Les francophones ont des craintes

Les francophones ont des craintes

Reporters

Quelques heures après le redémarrage des négociations, les premières fissures. Déjà. Hier, les francophones ont vu le négociateur. Ils veulent des amendements.

C'est le moment de faire clan, de se tenir groupé et d'avancer d'un pas et d'un seul. Hier matin, entre franc ophones, c'était un peu cahin caha. L'une partait en vrille. L'autre marchait sur la pointe des pieds. Et le troisième... convoquait les deux autres.

Jean-Michel Javaux et Joëlle Milquet se sont donc retrouvé au boulevard de l'Empereur, chez Elio Di Rupo à midi quart. Pour établir dare-dare une position commune. Avant de tomber entre les pattes du redoutable félin qu'est Vande Lanotte. Le conciliateur recevait, hier après-midi, les trois présidents francophones au Sénat pour démarrer les négociations sur son compromis.

La position communefrancophone? Ils le disent chacun à leur manière. Mais on est loin d'un accord. Très loin. Le compromis Vande Lanotte n'est qu'une base, un périmètre de travail, un tableau troué et rempli d'ombres et de questions. Ça prendra des semaines. Le carrousel des négociations est reparti. Francophones et flamands y monteront à tour de rôle en tenant d'attraper la floche.

PS, cdH et Écolo se sont mis d'accord sur des amendements communs. Mais leurs points de vue divergent sur la scission des taux d'imposition fiscale, nommé «split-rate». La question du transfert d'une partie de l'impôt des personnes physiques aux régions reste l'os. Le PS donnerait un éventuel feu vert à cette idée (rejetée jusqu'ici). Mais les francophones cherchent en vain où sont les contreparties.

Chaud devant. La phase politique commence. C'est la quatrième étape du travail de Vande Lanotte. Un : il a objectivé les chiffres avec le bureau du plan et la Banque nationale. Deux : il a mené des réunions bilatérales entre lui-même et chaque président de parti; puis des trilatérales avec De Wever et Di Rupo. Trois : il a rédigé le texte transmis mercredi. Quatre : nous y sommes.

Pour y parvenir, Vande Lanotte aurait, dit-on, manoeuvré avec adresse. Il aurait commencé par obtenir du CD&V, du SP.A, du CdH et d'Écolo/Groen! un accord pour parler de sa proposition. Proposition qu'il aurait entièrement ou en partie modifiée dans la dernière ligne droite.

Les francophones ne semblaient hier guère rassurés sur le fait que les entités fédérées puissent garder la tête hors de l'eau dans le modèle imaginé par Vande Lanotte. «Oui, il y a des craintes», disait l'un. «On ne fait plus de commentaire. Silence», disait finalement un autre observateur hier soir. Signe que tout ne tourne pas vraiment rond. PS, cdH et Écolo préparent donc des amendements pour le conciliateur. Les verts continuent par ailleurs à se concerter au nord comme au sud.

Aujourd'hui, le conciliateur royal voit les partis flamands. On parie combien qu'ils auront un stock d'amendements, eux aussi?

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