Internet tue les videoclubs

EdA

Le secteur du DVD est en crise. Vidéos en ligne, streaming, piratage... aujourd'hui les vidéoclubs ne savent plus comment faire face.

«Il n'y a rien à la TV, on loue un film?» Quand avez-vous suggéré cela pour la dernière fois? Il y a plusieurs mois? Plusieurs années? Aujourd'hui, quand la soirée s'annonce calme, ce n'est plus vers le vidéoclub du coin que l'on se tourne, mais vers notre sacro saint ordinateur; celui sans qui notre quotidien n'aurait plus aucun sens; et c'est à peine exagérer que d'affirmer cela. À l'heure d'Internet, du streaming et du téléchargement, louer un film est presque devenu une absurdité : pourquoi payer pour ce que le net permet de visionner gratuitement - et sans même bouger de son canapé?

Les gérants de vidéothèques et vidéoclubs ont bien ressenti ce changement d'habitudes. «Chez nous, les locations de DVD ont diminué de 50 % depuis 2008. On avait pu observer une baisse il y a quelque temps déjà mais depuis deux ou trois ans, ça s'est clairement accéléré.»Et la tendance ne semble pas prête de s'inverser. Malgré de sévères mesures comme la loi HADOPI chez nos voisins français, les amateurs de films sont extrêmement nombreux à privilégier le streaming ou le téléchargement; souvent même au détriment de la qualité. Ce qui prime? La gratuité.

L'année 2006 a amorcé la dégringolade des locations. Depuis, beaucoup de shops ont mis la clé sous la porte; ceux qui restent ont dû diversifier leurs prestations comme en témoigne ce gérant d'une épicerie-vidéothèque de Schaerbeek. «La chute du chiffre d'affaire sur les locations a entraîné une baisse globale de toute notre activité. On s'est mis à vendre des jeux vidéos ainsi que des tickets de Lotto, et l'épicerie a été élargie d'un rayon frais. Il a aussi fallu faire quelques modifications structurelles et faire appel à des fournisseurs moins onéreux pour pouvoir baisser les prix car plus personne n'accepte de payer 25 euros pour du Blue Ray...» Des économies de bout de chandelles qui ont pourtant fait la différence. «Sur les 40 shops que nous étions en 2003, on est 17 à s'en être sortis».

Mais une chute du chiffre d'affaire implique souvent des réductions d'effectif. «Depuis 2003 on a du se séparer de cinq temps-pleins » confirme le gérant. Quant à un éventuel coup de pouce des autorités publiques, vidéoclubs et vidéothèques sont plutôt mal lotis car seules des ASBL comme les médiathèques peuvent bénéficier de subsides.

La consommation facile et rapide de vidéos en ligne a considérablement affaibli l'industrie du DVD et du film en général. Alors que ces nouvelles habitudes sont profondément ancrées dans les esprits, rappelons que le film demeure une représentation du 7e art. Or, force est de constater que sur Internet, la qualité est rarement au rendez-vous.

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