NUCLEAIRE

Henry veut recaler le "Plan déchets"

Henry veut recaler le "Plan déchets"

EdA

Philippe Henry veut dire non à l'enfouissement définitif de déchets radioactifs proposé par l'ONDRAF. Certains au gouvernement parlent de dogmatisme.

H ier, le gouvernement wallon devait théoriquement se prononcer sur la « Plan déchets » soumis à son aval (comme aux autres entités fédérées) par l'ONDRAF, l'organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies. Ce dernier avait établi un projet pour la gestion à long terme des déchets de haute activité ou de longue durée de vie. Un projet d'ailleurs soumis à la consultation de la population jusqu'au 6 septembre (www.ondraf-plandechets.be).

Concrètement l'ONDRAF voudrait faire valider par la Région wallonne le scénario selon lequel les fameux déchets pourraient à l'avenir être enfouis en dépôt dans une couche géologique à plusieurs centaines de mètres de profondeur. L'organisme ne précise toutefois pas à ce stade la localisation possible de ce dépôt qui ne devrait pas être opérationnel avant 2035, 2040 voire 2073 pour certains types de déchets. Le plan préconise en outre le stockage définitif des déchets plutôt que la possibilité de les récupérer pour les retraiter après enfouissement.

L'ONDRAF doit revoir sa copie Seulement voilà : le ministre de l'Environnement, Philippe Henry, n'est pas chaud du tout. D'autant que les scénarios de l'ONDRAF prennent en compte une éventuelle prolongation de la vie des centrales nucléaires, idée à laquelle, on le sait, les Verts sont allergiques.

Hier, il devait donc proposer au gouvernement wallon de renvoyer l'ONDRAF à ses chères études.

D'abord parce que, pour lui, il n'est pas nécessaire de prendre rapidement attitude sur la question. Et surtout parce que le dépôt géologique des déchets nucléaires est une option plus que douteuse sur laquelle il émet plusieurs réserves : quid de l'impact sur les nappes aquifères ? Quid des substances toxiques présentes dans les déchets radioactifs ? Ou encore : que va-t-on faire des déchets en surface, le temps qu'ils refroidissent ?

Bref, Henry demandait à ses petits camarades de jeu d'entériner le fait que la décision d'un stockage irréversible des déchets nucléaires est plus que prématuré.

Du coup, il demandait aussi à l'ONDRAF de revoir sa copie, notamment en continuant à travailler sur des alternatives à la mise en dépôt géologique (entre autres la possibilité de réversibilité du dépôt).

Jeudi, pourtant, on apprenait que le point avait été reporté. Raison invoquée dans les coulisses du gouvernement : la note de Philippe Henry serait beaucoup trop dogmatique et serait essentiellement le fruit d'un lobbying d'Interenvironnement. Elle n'aurait, en outre, pas fait l'objet d'un accord lors de la préparation du gouvernement d'hier. Les autres partenaires de l'Olivier ont donc demandé que la proposition de Philippe Henry soir rediscutée ultérieurement en intercabinet.

Du côté du ministre de l'Environnement, on ne voit aucun souci. « Des notes qui sont rediscutées et retravaillées avant de passer en gouvernement, il y en a tous les jours explique son porte-parole. Il n'y a rien d'extraordinaire à ça et il n'y a absolument pas de crispation autour de ce sujet. De toute façon, on a le temps puisque l'avis du gouvernement doit être rendu pour septembre ». Pas une question de dogmatisme, donc. Tranquille. Zen, l'Olivier. Sauf que légalement, l'avis devait être rendu pour le 1er septembre et qu'une prolongation du délai avait déjà été demandée pour pouvoir prendre en compte les résultats de la consultation populaire qui se termine dans quatre jours.