D1 PROVINCIALE Spy

Un Liégeois à la rescousse

Luc Eymael, le successeur de Zoran Bojovic, a pris ses nouvelles fonctions mardi soir. Pour le Liégeois, la mission est claire : redresser le club.

Rien ne va plus à Spy. Candidate au titre, la formation du président Van Bastelaer n'en finit plus de décevoir. Dans ces cas-là, très souvent, c'est l'entraîneur qui en fait les frais. Zoran Bojovic limogé, Spy a finalement décidé de confier les rênes de l'équipe à Luc Eymael. Ce Liégeois de 48 ans va découvrir la P1 namuroise. Mais pas le football, que ce prof d'éducation physique connaît sur le bout des doigts. Normal pour un ancien gardien...

Luc, quel a été votre parcours, d'abord comme gardien ?

J'ai débuté à Fléron et en cadets, j'ai porté le maillot de l'équipe nationale. J'étais gardien réserve de Philippe Vande Walle qui, pour l'anecdote m'a offert sa vareuse après le Mondial 98. Ensuite, je suis parti à Ferrières, en promotion puis en D3 avant de rejoindre Heerlen une D2 hollandaise. Après, direction Vaux, en province de Luxembourg où j'ai été victime d'une sérieuse blessure (hernie discale). Comme on appartenait à un club à l'époque, je me suis racheté pour partir à l'Union Hutoise. Puis, dans l'ordre, j'ai défendu les buts de Virton, Hasselt, Namur, Athus et Aubel.

Comme entraîneur, la liste des clubs est aussi longue ?

En fait, j'ai commencé par les équipes de jeunes, au RFC Liège. À la tête des minimes nationaux et des cadets, nous avons décroché trois titres de champion de Belgique. J'ai coaché des garçons comme Bailly, Grégoire, Gillet ou Sterchele. Lors de ma dernière année à Liège, j'entraînais déjà une équipe première à Sart, en P1 luxembourgeoise. J'y suis resté 4 ans, avec deux tours finaux à la clé. Puis direction Liège, avec Weverse avant trois ans au Lorrain Arlon, un petit tour à Chênée puis Spy. J'avais aussi été en contact avec Rochefort mais c'est finalement Michel Renquin qui a été préféré.

À Chênée, l'expérience a tourné court : 4 matches, 4 défaites puis un limogeage...

J'ai dit mes quatre vérités au président. J'avais des joueurs qui venaient saouls aux entraînements et qui ne savaient pas se lever car ils sortaient la veille. Et puis la P4 jouait le titre et on ne voulait pas me prêter des joueurs alors que mon noyau était très restreint.

Après votre premier entraînement et au vu du match face à Rochefort (défaite 1-3) auquel vous avez assisté, qu'est ce qui cloche selon vous à Spy ?

Sans critiquer le travail de mon prédécesseur, je pense qu'il y a un déficit au niveau de la condition physique. J'ai d'ailleurs effectué des tests physiques mardi soir mais je n'ai pas encore eu le temps d'analyser les résultats. Ils seront précieux même si les conditions climatiques étaient dantesques pour courir. Par rapport au match, j'ai gardé une très bonne impression du premier quart d'heure. Mais une fois que Spy a encaissé, tout s'est écroulé comme un château de carte. Le jeu s'est fort débridé et il y avait trop d'espace entre les lignes. Mentalement, j'ai aussi vu que le groupe n'était pas au mieux. Et si le physique a son importance, en football, quand la tête ne va pas, le reste ne suit plus. Je connais plusieurs joueurs, comme Delcomenne, Theys, Kostic ou Jonet et je sais qu'ils sont capables de jouer à un meilleur niveau.

Le calendrier n'est pas piqué des vers pour vos débuts à Spy !

Et comment ! Nous jouons contre les cinq équipes de tête (Bioul, Schaltin, Andenne et Eghezée). Mais mieux vaut les jouer maintenant. Et puis j'ai confiance, avec un collectif, une discipline de groupe et en ne rejetant pas la responsabilité sur les autres mais en tirant tous sur la même corde, nous parviendrons à forger de bons résultats.