VEHICULES AGRICOLES

Une escorte, sinon crac dedans !

Une escorte, sinon crac dedans !

Un arrêté royal d'Etienne Schouppe place en infraction une bonne partie des véhicules agricoles. EdA

Un arrêté royal d'Etienne Schouppe place en infraction une bonne partie des véhicules agricoles. Un député libéral réagit.

O n ne parle plus de « transport exceptionnel », mais de « véhicule exceptionnel », relève le député-bourgmestre libéral David Clarinval. C'est là qu'est l'os... On en arrive ainsi à imposer une escorte avec gyrophare aux moissonneuses-batteuses. David Clarinval vient donc d'écrire au secrétaire d'État à la Mobilité Étienne Schouppe pour lui signifier que son arrêté royal tout frais était impraticable. Explications.

Dans le lot des véhicules exceptionnels, on inclut en général des convois assez impressionnants, comme ceux qui transportent les pales d'éoliennes, par exemple. Mais aussi « tout véhicule qui par sa construction ou sa charge indivisible dépasse les limites fixées par le code de la route »... On y est vite, quand on évoque les machines agricoles.

Or, depuis le 1er juillet, date de l'entrée en vigueur d'un arrêté royal pris par le secrétaire d'État Étienne Schouppe, les moissonneuses-batteuses ou certains gros tracteurs agricoles sont soumis à la même règle que les convois décrits plus haut : s'ils passent les 3,50 mètres de large, ils sont contraints de faire appel à une escorte spéciale. Ce qui les place en grande majorité en infraction d'office. En effet, peu d'agriculteurs sont en mesure de respecter la nouvelle norme.

« Impossible, inacceptable »
Il fallait déjà passer par une procédure d'autorisation. Elle devient payante (75 ?). Soit. Il fallait aussi, assez logiquement, doter le véhicule de toute une série de signaux destinés à le rendre le plus visible possible par les autres usagers de la route.

En plus de ces précautions, il faut donc aussi faire appel à un engin accompagnateur pour un charroi de plus de 3,50 mètres de large. Pas n'importe quel engin accompagnateur : il sera jaune et équipé notamment d'un gyrophare sur le toit. Et il bénéficiera de l'agrément du ministère de l'Intérieur, parce que la matière relève d'une activité de gardiennage.

Dans la revue Plein Champ qu'elle édite, la Fédération wallonne de l'agriculture (FWA) ne mâche pas ses mots. « Il est manifeste que ceux qui ont rédigé ce nouvel arrêté ont totalement perdu de vue les spécificités du charroi agricole ». La Fédération jugeait déjà les contraintes assez lourdes pour ces véhicules. Mais là, « c'est totalement inacceptable. Avec la meilleure volonté du monde, il est tout simplement devenu impossible à un agriculteur ou à un entrepreneur de travaux agricoles de circuler sur la voie publique avec un véhicule de grande largeur en respectant les obligations réglementaires », poursuit la FWA.

Issu d'une région rurale, David Clarinval est bien d'accord. C'est d'ailleurs cet article de Plein Champ qui a attiré son attention. Il demande à Étienne Schouppe de consulter le secteur et de modifier correctement l'arrêté royal en question. Rapidement. Les moissons sont en cours.