Le transport fluvial sort la tête de l'eau

Frappé de plein fouet par la crise en 2009, le transport fluvial wallon sort la tête de l'eau. Très dépendant de la sidérurgie, il cherche à se diversifier.

Alors que les Voies Navigables de France faisaient état cette semaine d'une reprise pleine de vigueur du transport fluvial (+8,3 % du tonnage traité) pour les cinq premiers mois de 2010, les péniches en Wallonie se mettent dans le sillage. Même si la situation est contrastée entre les deux principaux ports autonomes wallons, Liège et Charleroi.

La Direction de la Promotion des Voies Navigables et de l'Intermodalité (DPVNI) n'a pas encore communiqué ses chiffres pour le début 2010, mais « ils sont dans la même courbe que celle enregistrée en décembre 2009 », dit-on au cabinet Lutgen, le ministre wallon en charge des voies navigables. Et fin d'année, c'est une augmentation de 7,25 % par rapport à décembre 2008 qui a été enregistrée.

Résultats contrastés disions-nous toutefois. Ainsi, au port autonome régional de Liège, premier port intérieur belge et troisième en Europe, la croissance par rapport à 2009 ne devrait pas excéder 0,5 % pour le premier semestre.

Or, si 2008 avait été une année record, l'année dernière avait déjà été frappée de plein fouet par la crise économique. Selon le rapport annuel de la DPVNI il s'agissait même là de « la mise en veilleuse de douze années de croissance ».

Sidérurgie dépendance

Frappé comme le reste de l'Europe par la crise économique, le réseau fluvial wallon a aussi dû faire face au coup d'arrêt dans la sidérurgie, tant à Liège qu'à Charleroi. Rien que le secteur sidérurgique c'est 55 % des pertes de l'an dernier pour le transport fluvial wallon. Soit 4,3 millions des 7,9 millions de tonnes de marchandises en moins en 2009. Il s'agit évidemment des produits comme les rouleaux de tôles, mais aussi des minerais et de la dolomie utilisés dans la phase à chaud.

La remise en route du haut-fourneau de Seraing en avril pourrait donc amener une embellie sur la Meuse liégeoise. À la direction des voies hydrauliques, on estime ainsi que le tonnage de minerais transporté en 2010 pourrait connaître une croissance de deux millions de tonnes uniquement grâce au haut-fourneau liégeois. À Liège, si une reprise s'amorce depuis avril, on n'en est toutefois pas encore au niveau des résultats français. « À Liège nous avons des activités cycliques, indique un responsable du port autonome. Le secteur sidérurgique achète massivement en fonction du marché. Il faut voir s'il n'y a pas eu cet effet d'opportunité pour la sidérurgie en France. Et comme le haut-fourneau vient seulement d'être rallumé, on prend un peu le train en marche. »

À Charleroi par contre, si on revient de loin, les premiers mois de 2010 sont très positifs : depuis janvier, par rapport à 2009, c'est 15 à 20 % de marchandises en plus qui y ont transité. Il faut dire que l'an dernier le port carolo avait perdu 2,7 millions des 7 millions de tonnes qui y sont traitées annuellement. « Mais avec la reprise des activités d'industries comme Arcelor et Carinox, le carnet de commande se remplit », indique Michel Stryczek, responsable du port. Pas encore de quoi retrouver le niveau de 2008, mais de quoi atteindre 65 à 70 % d'une année normale, dit-on au port autonome de Charleroi.