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Journée du nettoyage: dites merci, au moins aujourd'hui

Journée du nettoyage: dites merci, au moins aujourd'hui

Le secteur du nettoyage regroupe 200.000 personnes. Reporters

Elles (ou ils) frottent. Tout le temps, partout. La CSC veut les sortir de l'ombre ce 18 juin. Aujourd'hui, « Journée du nettoyage », on dit merci.

Il y a des phrases qui partent comme des flèches. Comme celle que sort l'épouse d'un ingénieur, en désignant à sa progéniture la dame qui vient faire le ménage : «Vous voyez, si vous ne travaillez pas bien, vous serez femmes de ménage ...»

Il paraît que c'est un cas extrême. Mais il faut bien l'admettre, les femmes et les hommes de ménage forment souvent une armée transparente et pressée. À la CSC, les responsables du secteur ont voulu instaurer une journée du nettoyage. C'est aujourd'hui. Le point avec Philippe Yerna, responsable du secteur au syndicat chrétien.

Philippe Yerna, quelle est l'intention de cette journée du nettoyage que vous avez décrétée ce 18 juin ?
Les travailleurs de ce secteur sont à peu près 200 000 en Belgique : personnel de nettoyage en entreprise, femmes de chambre dans les hôtels, aides ménagères et titres-services... Ils rendent tous d'énormes services mais ils ont droit à très peu de considération. On ne leur dit pas bonjour, par exemple. Leur travail n'est pas davantage respecté. On a voulu mener une action positive, comparable à la journée des secrétaires. On veut sensibiliser le public et les remercier eux pour tous les services qu'ils rendent.

Vous distribuez des accroche-porte (ci-dessus) aux passants, notamment dans les gares, pour qu'ils puissent eux mêmes remercier le personnel d'entretien. Vos délégués vont distribuer des bonbons à la menthe au personnel d'entretien de leur entreprise. Ce n'est pas un peu gentil comme action, face aux difficultés que rencontrent ces travailleurs ? Mépris, bas salaires, flexibilité extrême, conditions de travail pénibles...
On travaille à tout cela à l'intérieur des commissions paritaires. Par exemple, on est en train de négocier un glissement des horaires pour recentrer les heures de travail dans la journée. L'ULB mène une expérience en ce sens à la Tour du Midi.

Ces horaires décalés, tôt le matin et tard le soir, sont difficiles à tenir.
Oui. Et ça pose des problèmes aussi au niveau des transports en commun. Mais à chaque fois qu'un client renouvelle son contrat avec une entreprise de nettoyage, il réduit le nombre d'heures. Ce qui met la pression sur les travailleurs.

Et les salaires ?
Dans les entreprises spécialisées, ils sont corrects (11 ? de l'heure). Le problème, c'est la flexibilité et la charge de travail.

Et quand le boulot doit être fait mais que le délai imparti est trop court, les heures supplémentaires sont-elles toujours payées ?
C'est la loi. Dans les entreprises où il y a des délégués, c'est fait. Mais tout se professionnalise. C'est réglé au millimètre. Dans les hôtels, par contre, il y a beaucoup de pression. Nos actions tentent de remettre la personne au centre du débat.

C'est un secteur où les travailleurs manifestent peu, évidemment...
C'est vrai. Mais la concertation se passe bien.

+ Dossier complet dans L'Avenir de ce vendredi 18 juin