Dany la joue fantasy Heroic Fantasy

Première incursion dans l'heroic fantasy pour Dany avec « Guerrières de Troy », une déclinaison, une de plus, de l'univers créé par Christopher Arleston.

Chacun à leur façon, Christopher Arleston et Dany sont deux monstres de la BD. Le premier a vulgarisé et popularisé l'heroic fantasy avec ses mondes de Troy. Le second s'est fait connaître par sa propension à dessiner des femmes gâtées par la nature, notamment à travers ses célèbres Blagues coquines. À part le talent, rien ne prédestinait donc ces deux-là à travailler ensemble. C'est pourtant ce qu'ils font avec un nouveau spin off des mondes de Troy, le sexy Guerrières de Troy. Une aventure, que les deux compères développeront en deux volumes (et plus si affinités), et qui voit trois mercenaires - Lynche, Raya et Yssam - escorter un convoi humanitaire destiné à une région ravagée par la famine.

Pour Arleston, sa rencontre avec Dany est d'abord une question d'opportunité : « Ça fait plus de dix ans qu'on se connaissait et qu'on voulait bosser ensemble . » Dany, toujours à la recherche de nouvelles sensations, se frotte les mains : « L'heroic fantasy, c'est une grande première pour moi, dit celui qui se révéla jadis avec Olivier Rameau puis le Héros sans histoire de Jean Van Hamme. J'ai par exemple éprouvé beaucoup de difficultés à représenter des dragons, ou d'autres animaux fantastiques. C'est un défi comme je les aime. » Que les amoureux de Dany et des belles formes (ce sont souvent les mêmes) se rassurent toutefois : avec ses guerrières, Dany rend toujours hommage au charme féminin : « J'aurais pu dessiner Les Plombier de Troy, mais ça aurait tout de même été moins joli à regarder », se marre-t-il.

Mais le ton de l'album n'est pas qu'à la rigolade : il taille, sous des airs innocents, des croupières au secteur de l'humanitaire : « Avec les mondes de Troy, je travaille sur une période de 4 000 ans, qui me permet d'aborder tous les sujets. Et l'heroic fantasy est un genre idéal pour caricaturer les travers de notre société. » En l'occurrence, évoquer les dérives de l'humanitaire est une idée de Dany : « L'un de mes amis travaillait pour une fiduciaire dont les clients étaient des associations humanitaires. Il m'a raconté des choses incroyables, notamment que 80 % des dons récoltés par certaines servaient à payer des 4X4, les hôtels, etc. Toutes ne sont pas à mettre dans le même sac mais, tout de même, c'est dégueulasse. » Arleston, lui, se défend de faire tourner la planche à billets en déclinant toujours plus son univers : « Je n'ai plus besoin d'argent, je continue parce que j'en ai envie. Et je suis du genre à bosser 14 h par jour. » « Guerrières de Troy », tome 1 : « Yquem le géné reux », Dany/Arleston, Soleil, 53 p., 13,50 ?.

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