Prévost, la déconne comme antidote Divertissement

Daniel Prévost est sur le divan de Drucker pour raconter sa vie désemparée et sans doute quand même faire le pitre.

Avec une télévision qui use et abuse d'archives et de bêtisiers, tout le monde a vu trois fois au moins Daniel Prévost interviewer le maire de Montcuq. Tout le monde et même ceux qui n'étaient pas nés quand ce généreux déconneur à plein tube faisait le pitre chez Jacques Martin.

Prévost est entré dans le métier en faisant du théâtre avec Michel Serrault, du cabaret avec Bobby Lapointe et du cinéma avec Jean Yanne. Quoi de mieux pour développer un comique de l'absurde ! Dans les années septante, la télévision lui apporte la célébrité avec les clowneries du Petit Rapporteur et les sketches loufoques de Merci Bernard . Le cinéma lui donne alors quelques beaux seconds rôles : le traître gaulois dans Astérix et Obélix contre César, le directeur de supermarché malhonnête dans La Vérité si je mens 2, et surtout le contrôleur des impôts dans Le Dîner de cons qui lui vaut un césar. Il finit par s'éloigner du registre comique pour aborder des rôles plus graves, notamment en étant René Bousquet dans le film de Laurent Heynemann ou en campant Monsieur Joseph dans l'adaptation du roman de Simenon.

Prévost a fait de sa gouaille acerbe son fonds de commerce pendant quarante ans. Avec sa folie, sa frénésie et son rire à décoiffer l'animateur, il a mis le feu à de nombreux plateaux télé, un peu comme le faisait Serrault. On sait aujourd'hui que l'irrévérence et la dérision cachaient un homme timide et fragile pratiquant la déconne comme un antidote. À 36 ans, il avait appris que son père, jusque là inconnu, était un ouvrier algérien. Il allait mettre dix ans pour retrouver sa tombe, là-bas, au bled, et rencontrer sa famille de Kabylie. Depuis, il revendique haut et fort ses cheveux frisés, lui qui a épousé une Danoise et appelé un de ses fils Soren. Il s'est livré dans d'émouvantes autobiographies romancées (Coco belles-nattes, Le Pont de la révolte, Le Passé sous silence ).

Mais le zozo délirant reste toujours en embuscade. L'an dernier, Prévost a publié Délires, un recueil de pensées aussi loufoques que désopilantes.

France 2, 14.10

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