L'éruption pop de Trentemoller Electronique

Anders Trentemoller commande aux éléments. En 2008 aux Ardentes, dieu Thor derrière ses machines, il avait invoqué l'orage. Puis martelé le public de son magistral premier album, The Last Resort, dans un ciel zébré d'éclairs droit descendus du Valhalla. Aujourd'hui, le Danois sort un Into the Great Wide Yonder rêveur dans un écrin prémonitoire. Sa pochette lilas, prophétique, étale les bouffées ouateuses d'un nuage de cendres volcaniques. Les yeux et les ongles soulignés d'obsidienne, le timide Trentemoller revient sur cette coïncidence. Et sur l'éruption post-rock, voire pop, dans sa douce electronica.

Quelle pochette prémonitoire !

C'est trop con : on l'a conçue deux mois avant l'éruption. L'ami qui l'a composée m'a appelé : « T'as vu les infos ? C'est partout, c'est notre pochette, on peut voir dans l'avenir ! »Pourquoi cette photo ?Je suis allé 3 semaines en Islande. La nature y est si dramatiquement belle que c'était une terrible source d'inspiration. Toute cette eau, ces plages si noires...

Où est le « là-bas » du titre ?C'est un espace ouvert et indéterminé. Ce titre devait exprimer le voyage et l'ailleurs sans certitude, pour refléter ce que je recherche dans la musique.

Tu crains l'accueil de ce second disque ?Non. Même si je n'avais pas la chance de sortir des disques, je composerais.

Ce disque marque un tournant vers un son plus pop, plus organique.Ma carrière n'est pas un voyage au cours duquel je décide de prendre tel ou tel chemin : la musique a grandi d'elle-même. Je n'ai jamais décidé de diminuer l'importance de l'électronique... Les voix la rendent plus chaude. Ceci dit, l'electro scandinave est souvent très froide. Comme chez Sigur Ros ou Fever Rey. Ou le folk populaire, si on remonte 300 ans en arrière : il n'est pas triste, mais définitivement pas heureux non plus. Pas plus que ma musique.

Trentemoller, « Into the Great Wide Yonder », NEWS

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