Anathalie Mukundwa lance un centre d'affaires et élève ses trois enfants. Elle vient d'être citée au concours Equiwoman.

À l'inverse du courant actuel qui promeut le retour de la femme au foyer (allaitement prolongé, inscription retardée des bébés à la crèche...), Anathalie Mukundwa a choisi de ne pas choisir. Trois fois maman pendant ses études d'informatique, elle a rapidement fondé son entreprise de consultance, avant de lancer aujourd'hui un centre d'affaires à Éghezée. Un dynamisme qui lui a valu une place en finale du concours Equiwoman.

Pourquoi avoir participé au prix Equiwoman ?Ayant moi-même trouvé l'équilibre entre vie de famille et épanouissement professionnel, j'essaye désormais d'être, en toute modestie, une source d'inspiration pour les femmes qui veulent changer de vie, reprendre des études par exemple. Il faut oser prendre des risques. J'en sais quelque chose puisqu'à 24 ans j'ai quitté mon Rwanda natal, où je n'avais quasiment jamais manipulé d'ordinateur, pour entamer des études d'informatique en Belgique ! Qu'est-ce qui vous a poussée à étudier l'informatique ?Je me suis demandé ce que j'allais faire ici... Au Rwanda j'étais institutrice. Beaucoup d'Africaines ont une fibre sociale et s'orientent vers des métiers d'aide aux personnes. Mais ma démarche a été différente : j'ai cherché le secteur économique qui me semblerait le plus porteur. Et l'informatique, dont je ne connaissais pourtant rien, s'est imposée. De plus, des cours du soir se donnaient près de chez moi, à Namur.Comment s'est passée l'adaptation ?La première année, j'étais comme une vache qui regarde passer les trains. Je ne comprenais rien, j'avais l'impression d'être une touriste au milieu d'étudiants. Puis un professeur, Monsieur Schiffer, m'a obligée à poser toutes les questions nécessaires, même les plus naïves. Il a levé le voile devant mes yeux. À partir de là, j'ai réussi chaque examen, j'ai complété le graduat par une licence universitaire, et j'ai suivi une formation pour devenir indépendante. Tout cela en m'occupant de mon époux et de mes enfants.

Votre projet professionnel actuel se combine-t-il lui aussi à votre vie de famille ?Ils sont même liés, puisque j'ai découvert cet ensemble immobilier en conduisant mes enfants à l'académie de musique. J'ai voulu investir là-dedans, et des personnes de confiance m'ont confirmé que le projet de centre d'affaires était pertinent : mon comptable, le Bureau économique de la Province, l'association des femmes chefs d'entreprise... Aujourd'hui, 14 bureaux sont disponibles. Davantage qu'une location, je propose aux indépendants, aux PME et aux associations la mise à disposition d'un espace de travail avec accès à l'informatique, support, maintenance, possibilité de partage du matériel, formations adaptées pour les chefs d'entreprise...

Et vos proches restés au Rwanda ?Je ne les oublie pas. J'ai créé une ASBL, Inyange, qui lève des fonds pour scolariser les enfants, soigner les personnes malades et créer un centre où les gens peuvent valoriser ce qu'ils produisent.M. DO.

Centre d'affaires Accortise à Éghezée (Namur), 02 288 867 20. www.accortise.eu

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