La N-VA ne partira pas sans biscuits

La N-VA n'a pas à sa disposition les « machines logistiques » des grands partis. Elle n'est pas démunie pour la cause.

D'ici à quelques jours, la N-VA va se retrouver au pied du mur. Politiquement d'abord : le parti nationaliste flamand devra décider s'il entend ou non aller au compromis avec ses interlocuteurs francophones, ou s'il a au contraire l'intention de laisser pourrir la situation, pour mieux s'ancrer dans un radicalisme identitaire. Mais la question qui se posera d'abord à la formation de Bart De Wever, sera de savoir comment « muscler » sa démarche. Car les dossiers à régler en négociations seront nombreux, et pas uniquement communautaires. Comment se préparera-t-elle à cette négociation ? Elle ne s'y présentera manifestement pas désarmée.

1. Un centre d'études bien rodé « La N-VA n'est pas un parti sorti de rien comme la Liste Dedecker. Elle est l'héritière de la Volksunie, un parti parfaitement structuré » nous rappelle un confrère flamand. La Volksunie avait un centre d'études efficace, qui l'a secondée dans les négociations auxquelles elle a été associée, il y a plus de trois décennies. Ce centre d'études fonctionne toujours. « Et on sait, à la N-VA, comment forger des compromis » ajoute un autre observateur.

2. L'expérience de la négociation C'est forte de cet appui que la N-VA a participé à la négociation, l'an dernier, d'un accord de gouvernement flamand « qui porte largement sa marque », insiste notre confrère. Et déjà en 2004, son président de l'époque, Geert Bourgeois, avait participé à l'élaboration de la précédente majorité régionale. Une expertise s'est là accumulée, qui ne sera pas perdue pour la N-VA, dans les prochaines négociations communautaires.

3. La sympathie de l'intelligentsia flamande La Volksunie a disparu de la scène politique en 2001, « mais la N-VA bénéficie aujourd'hui du soutien de ses sympathisants, traditionnellement nombreux dans l'intelligentsia flamande » soulève un de nos interlocuteurs.

4. Les experts universitaires Cette sympathie est particulièrement sensible dans les milieux universitaires « où une élue CD & V me confiait récemment ne plus tellement se sentir bienvenue », nous relate un de nos confrères. Mais, de toute manière « tous les partis flamands font appel à l'expertise des spécialistes universitaires, quand ils ont un dossier particulier à négocier » précise l'autre. La N-VA, comme les autres partis, s'adresse régulièrement aux universités flamandes. Il leur sera souvent fait appel dans les semaines à venir.