PS : la machine de guerre est bien huilée

PS : la machine de guerre est bien huilée

Belga

Pour négocier, Elio Di Rupo s'appuiera sur sa machine de guerre , son institut d'étude. La force de l'expérience sera un atout de poids.

La machine de guerre socialiste se met en branle. Elle est redoutable. La machine de guerre se nomme IEV (Institut Émile Vandervelde). Fait rare et étonnant, Elio Di Rupo a salué l'IEV da ns son discours dimanche dernier. C'est dire son importance.

Le président du PS a huilé cette machine dans ses derniers recoins. Les pièges d'une réforme de l'État ont été étudiés. Les ballons d'air (comprenez : ce qu'il est possible de lâcher sans manquer d'air) aussi. Au PS, on se dit paré, armé, prêt au combat. Mais on ne sous-estime pas non plus l'adversaire. « La N-VA a ses appuis, ses relais. On s'en méfie », avoue un expert PS. « On ne sait pas très bien à quel point ils sont préparés en réalité. On est d'autant plus à l'affût », ajoute un autre.

Pendant la campagne, le PS n'a rien laissé au hasard. C'est d'ailleurs ce qui fait sa différence fulgurante avec les autres partis : son organisation imparable. « Les candidats recevaient leurs petites fiches par thèmes. Tous les arguments pour avoir les armes pour convaincre les gens. La main d'Elio était partout », explique un collaborateur socialiste.

L'IEV, l'Institut Émile Vandervelede, c'est la référence. Un institut qui compte une vingtaine d'experts spécialisés dans tous les domaines possibles. « Ils n'ont pas chômé pendant la campagne. Ils se sont préparés à ce qui se passe aujourd'hui », assure la porte-parole du PS.

Le PS a, bien entendu, d'autres relais, dans les universités ou dans le monde civil. Le monde civil francophone est peuplé d'intelligences qui répondront discrètement et loyalement à toute demande du PS. Mais le premier parti francophone concentre sa source d'information dans son institut.

La « chef de cab'» d'Elio Di Rupo se nomme Anne Poutrain. Une personnalité de l'ombre dont le nom est à retenir. Elle dirige l'institut depuis deux ans mais oeuvre au service du PS depuis plus de vingt. Anne Poutrain était déjà là du temps du Guy Spitaels. C'est dire si elle a la connaissance des arcanes du parti. Et de quelque petite réforme de l'État de derrière le drapeau belge. « C'est une femme de poigne mais humaine. Une intelligence », lâche un proche.

125 ans d'expérience (l'âge du parti socialiste), ça compte. La N-VA a dix ans d'âge mais s'appuie sur l'héritage des nationalistes historiques de la Volksunie. Les personnalités du PS sont enfin une arme majeure pour contrer une certaine inexpérience des nationalistes. La force de l'expérience de l'un contre l'obstination impétueuse de l'autre. Ce sera cela aussi, le choc.

Des votes qui rapportent (très) gros

 Le scrutin de dimanche a rapporté gros à la N-VA, qui empochera 4,6 millions d’euros de dotation supplémentaires (cf. nos éditions d’hier). Ce pactole résulte de l’application mécanique de l’article 15 de la loi du 4 juillet 1989, qui règle le financement et le contrôle des dépenses électorales. «Il suffit, pour un parti, d’avoir un élu à la Chambre ou au Sénat pour avoir accès à ce financement» précise Frédéric Bouhon.
La loi de 1989 s’est, en l’occurrence, révélée plus généreuse pour les partis politiques que les dispositions précédentes, qui n’accordaient un financement politique qu’aux partis qui bénéficiaient d’un siège à la Chambre et d’un autre au Sénat, poursuit l’assistant en sciences politiques à l’université de Liège.
En application de l’article 15 de cette loi, chaque parti qui dispose d’un élu dans l’une ou l’autre assemblée bénéficie d’une dotation de 125 000 euros. À laquelle, ajoute Frédéric Bouhon, s’adjoint une subvention de 1,25 euro «par vote émis à la Chambre ou au Sénat ». Pour le PS, cela se traduit par une subvention de 2219213,75 euros, en progression de quelque 3 % par rapport à 2007. Le MR, lui, encaissera 1 506 543,75 euros, soit 2,9 % de moins que lors du précédent scrutin fédéral. Le cdH et Écolo suivent, avec respectivement 865388,75 et 832697,50 euros. Et le Parti Populaire ferme la marche avec 228578,75 euros.
Ces montants ne sont pas versés directement aux partis politiques, mais à des ASBL qui leur sont liées, rappelle Frédéric Bouhon.
D’autres subventions, différentes selon les assemblées parlementaires, sont par ailleurs attribuées aux groupes politiques. Pour former un groupe, une formation doit aligner au moins cinq élus. La liste Dedecker, et le Parti Populaire ne rempliront pas cette condition dans les nouvelles assemblées fédérales.