ELECTIONS 2010

Benoît Lutgen: un score de président

Benoît Lutgen: un score de président

Benoit Lutgen restera ministre wallon jusquà la constitution du gouvernement fédéral. Belga

Tête de liste dans le Luxembourg, Benoît Lutgen permet au cdH de mener la danse dans la province. Et président, c'est pour quand ?

Benoît Lutgen, vous faites un beau score (33 038 voix de préférence, derrière les 33 097 voix de Joëlle Milquet). C'est un peu le seul succès du cdH...

Des beaux scores, il y en a un peu partout. C'est contrasté, mais globalement on est stable. On redevient le 3e parti en Wallonie et à Bruxelles, et le premier parti dans la province du Luxembourg pour la première fois depuis 16 ans. Tous les candidats de la liste ont fait de beaux résultats.

C'est embarrassant de commenter son propre résultat. Mais ça tient à quoi, ce succès ?

J'espère que c'est la reconnaissance de mon travail. Et puis, je dépasse les clivages politiques classiques. Je travaille avec tout le monde. Peu importe que la commune soit bleue, orange ou verte. Si le dossier est bon... J'essaie d'être le plus objectif possible. Et on a une belle équipe, collaborateurs et candidats. Voilà !

Vous vous dites quoi quand vous voyez le choix des Belges au Nord et au Sud du pays ?

C'est ce qui teinte le résultat du cdH d'un peu de tristesse. On ne peut pas être heureux. J'espère que les promesses de dialogue et d'ouverture de la part des séparatistes seront tenues.

Jean-Marie Dedecker démissionne de son poste de président de la LDD. Un commentaire ?

Il venait fanfaronner en Wallonie, donner des leçons de dynamisme et d'esprit d'entreprendre... Il donnait de nous une image un peu déplorable auprès des Flamands, alors que les investisseurs sont plus présents en Wallonie, que le chômage diminue plus chez nous et qu'on renoue avec la croissance et la prospérité. Donc...

Il est convenu depuis novembre que vous deviendrez président du cdH une fois que le gouvernement fédéral sera constitué. Ça peut prendre du temps. Mais ça peut être fait dans deux mois. Vous êtes prêt ?

Bien sûr. Mais succéder à Joëlle Milquet, c'est un vrai défi. On travaille ensemble, en équipe, avec Joëlle, André (Antoine), Melchior (Wathelet), Marie-Dominique (Simonet), etc. On va continuer. C'est un défi pour tout le monde. Pas seulement pour moi.

Vous restez ministre wallon jusque-là et puis, quand vous deviendrez président, vous siégerez à la Chambre. C'est ça ?

Oui. Il faudra aussi tenir compte de la présidence européenne, notamment pour les dossiers concernant l'agriculture. Je me vois mal partir et leur dire « Débrouillez-vous sans moi » pour ces dossiers que j'ai portés. Je ne sais pas comment ça va se mettre. Mais une fois que le gouvernement sera constitué, oui, je serai président. Puis je siégerai comme député fédéral, pour la première fois. Je dois prêter serment dans quelques jours.

Vous savez déjà quel président vous serez ? Quelles seront vos priorités ?

Houlà ! Non. C'est un peu prématuré. Mais tout ça a été décidé dans l'harmonie en son temps. Et j'ai l'avantage de travailler dans une ambiance plutôt agréable au sein du parti.

Joëlle Milquet mènera les négociations institutionnelles. Toute seule ou quand même un peu avec vous ?

Elle a toujours été en première ligne. Mais j'ai toujours été impliqué aussi. Et je m'impliquerai encore davantage. Parce que ça m'intéresse et qu'il y a des impacts sur le plan communautaire et régional. Mais c'est elle qui négocie.

Qui va monter au gouvernement wallon à votre place ?

Je ne sais pas. Franchement ! Il y a beaucoup de scénarios possibles. Mais la transition sera progressive et harmonieuse.

Le travail au gouvernement wallon, vos compétences, ça va vous manquer ?

L'agriculture me passionne. Les routes aussi, finalement. Mais je crois qu'il y a des cycles dans la vie. Et puis, je me dis que la personne qui me remplacera fera ça aussi bien que moi. Il n'y a pas de raison.

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