ELECTIONS 2010

Un Morael à toutes épreuves

Un Morael à toutes épreuves

Jacky Morael, tête de liste au Sénat, fait 1742 voix de plus que Javaux. Mais celui-ci se contentait de pousser la liste des suppléants. Belga

Tête de liste au Sénat, Jacky Morael a fait le meilleur score d'Écolo, avec 60 327 voix de préférence. C'est ce qu'on appelle un beau come-back.

Jacky Morael, vous faites un beau score en tête de liste d'Écolo au Sénat (60 327 voix de préférence). Pourtant, ces dernières années, votre boulot est resté fort discret au parti... Vous revenez et vous gagnez. Pourquoi ?

Ça reste un mystère. Quand on disparaît même deux ans de la politique, on est oublié. Mais pendant la campagne, j'ai été fort exposé médiatiquement : radio, télé et presse écrite. Et puis, j'ai de très bons échos de mon contact avec le public. On m'aborde facilement, on me tutoie vite, je réponds toujours quand j'ai le temps. Je pense être assez naturel et sincère quand je m'explique. Enfin, je crois.

Et les résultats d'Écolo ? On attendait une progression. Ce n'était pas le cas.

Non. Mais en 2007, on a fait des résultats historiques. Par ailleurs, les campagnes 2007 et 2009 n'ont pas été dominées par des thèmes communautaires. Il y avait de l'espace pour l'environnement, les défis climatiques, les enjeux économiques et sociaux, le temps de travail... Bref, les sujets où nous sommes attendus. Ce n'est pas le cas du communautaire. Écolo n'est pas le FDF. La campagne a été courte, très populiste aussi, il faut dire. Alors, pour nous qui avons un discours de fond, consolider, c'est déjà bien.

Écolo a donc mis de côté ses thématiques environnementales, cette fois. C'était une erreur ?

J'ai essayé d'en parler ! À chaque débat, à chaque interview ! Mais les questions portaient systématiquement sur Bart De Wever, sur qui comme futur Premier ministre, etc. Et puis, au bout d'une heure, on nous faisait remarquer que la campagne manquait de fond...

L'environnement ne venait qu'en deuxième position...

Même pas. Il était au rayon des accessoires. Les journalistes prenaient note poliment. Mais ce n'est pas d'environnement qu'il était question dans le journal du lendemain.

Et la situation à la sortie des urnes ? Vous en pensez quoi ?

Comme prévu, c'est très compliqué. Il faudra voir les premières décisions du palais. Formateur, informateur... À mon avis, ce sera un informateur. Dans quelle formation politique, etc. On a eu un bureau ce matin (lundi) pour éplucher les résultats. Et on se concerte avec Groen ! pour maintenir la cohésion entre nous. L'inconnue, c'est la posture que va prendre la N-VA. Sera-t-elle soucieuse de trouver une solution, comme le déclare Bart De Wever ? Ou bien va-t-il conclure par l'absurde que le pays n'est plus gérable ? À part ça, je viens d'apprendre que Jean-Marie Dedecker venait de démissionner !

Une bonne nouvelle ?

Oui. Il y a eu des transferts de voix du côté des séparatistes flamands. Il en a tiré ses conclusions.

Vous allez participer aux négociations ?

Je ne sais pas. Je suis à Bruxelles. Je reste disponible. Mais on ne manque pas de personnes capables de négocier chez nous.

Vous avez déjà participé à ce genre d'exercice. Un compromis est toujours possible aujourd'hui ?

Oui. Je fais confiance à l'imagination des politiques belges. Ils ont toujours trouvé des solutions, même si elles paraissent compliquées. Le climat semble plutôt apaisé. Mais nous ne sommes que 24 heures après les élections. Ça peut à nouveau s'enflammer.

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