ELECTIONS 2010

Open VLD: le pari de la reconstruction

Open VLD: le pari de la reconstruction

Alexander De Croo a perdu mais il nest pas le seul. Et il a quatre ans pour reconstruire lOpen VLD. Belga

Les libéraux flamands , qui avaient provoqué la crise, en ont payé le prix. Mais leur président, Alexander De Croo, sort plutôt conforté du scrutin.

La règle est non-écrite, mais elle se vérifie (presque) à chaque scrutin : l'électeur « punit » le parti qui a provoqué la crise politique, et lui a imposé de passer par le bureau de vote avant le terme fixé. Les libéraux flamands figurent donc parmi les battus de la journée de dimanche.

Pari perdu pour leur jeune président, Alexander De Croo ? Pas sûr. Car si le recul de l'Open VLD est net ( -5,2 %), à l'égard de l'élection fédérale de 2007, la perte est déjà moins sensible (-1,39 %) si on prend en compte les élections régionales de l'an dernier.

« Alexander De Croo a peut-être bien joué, en provoquant la crise cette année. Car si les libéraux flamands étaient restés dans une majorité où ils ne pesaient pas grand-chose, ils auraient risqué une défaite électorale plus importante l'an prochain. Et surtout, leur président aurait dû accepter la responsabilité de l'échec. Alors qu'ici, il peut toujours renvoyer la balle aux dirigeants précédents du parti » analyse un observateur.

Le président de l'Open VLD n'échappera pourtant pas au reproche d'avoir favorisé l'irrésistible ascension de la N-VA, « mais le même reproche peut sans doute être fait au CD & V, qui lui avait rendu une visibilité en l'englobant dans son cartel, et aux partis francophones, qui n'ont pas profité de l'éclatement du cartel pour faire progresser la réforme de l'État» .

Surtout, ajoute un autre analyste, l'Open VLD n'est pas le seul perdant du « tsunami électoral » provoqué avant-hier par la N-VA. « Et au moins n'y a-t-il pas eu dans ses rangs les drames vécus en interne par le CD & V, le Vlaams Belang, et surtout la liste Dedecker, dont le fondateur restera le seul élu à la Chambre ».

Dewael en difficultés

Le pari d'Alexander De Croo n'était-il donc pas de gagner cette élection, mais de partir dans l'opposition, pour rebâtir le parti ? « Nous nous sommes présentés à l'électeur avec une moitié de nouvelles têtes de liste. Qui ne s'en sont pas mal sorties du tout » commentait dimanche soir l'ancienne ministre libérale flamande Patricia Ceyssens.

Dans le même temps, d'autres faisaient perfidement remarquer, dans le parti, qu'en Limbourg, dans le fief du président de la Chambre et ancien ministre de l'Intérieur, Patrick Dewael un des hommes forts qui entouraient Guy Verhofstadt il y a quatre ans l'Open VLD a enregistré un de ses reculs les plus marqués (-6,28 %) en Flandre.

Pour Alexander De Croo, ce travail de reconstruction démarre donc maintenant. Dans l'opposition. À l'entendre, le choix n'est pas encore fait. « Mais c'est là que de nouveaux dirigeants doivent se faire les dents » note le premier de nos observateurs. « Et de toute manière, il n'aura sans doute pas le choix, car a priori, on semble plutôt s'orienter vers une coalition dont la famille libérale dans son ensemble serait exclue », complète le second.

Le choix de l'opposition s'impose d'autant plus pour l'Open VLD qu'il y a été relégué, l'an dernier, au niveau flamand. Il évitera donc le piège, dont il sort, de l'écartèlement entre la participation aux affaires, à un niveau de pouvoir, et l'opposition à un autre. Sauf si les deux vainqueurs du scrutin de dimanche échouent à s'entendre. Et que les libéraux doivent venir à la rescousse ?

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