ELECTIONS 2010

Reynders s'installe au balcon

Reynders s'installe au balcon

Didier Reynders (MR) est sur le départ. Après la formation du gouvernement, il y aura des élections internes au sein de MR. Et Reynders ne sera pas candidat. Belga

Battu mais serein. Logique, il est sur le départ. Didier Reynders s'en ira. Et pour le reste, le chef du MR est au balcon de la négociation.

« Nous reconnaissons la victoire du PS. Nous avouons la défaite du MR » . Les libéraux n'ont plus que ce credo-là à la bouche, depuis dimanche soir. Et les moins abattus ajoutent : « Et nous ne redoutons ni l'opposition ni une participation au gouvernement. »

Voilà. L'ennemi terrible du PS a mis dimanche un genou à terre et a fait acte d'allégeance. Le score libéral pique du nez. Le MR est vaincu mais Didier Reynders affiche une sérénité déconcertante. En fait, il s'est installé au balcon. Pour trois raisons.

1. Le président est sur le départ

C'est fait, c'est dit, c'est confirmé. Le président des libéraux a annoncé, hier, qu'un nouveau président serait élu dès que les négociations institutionnelles seraient terminées. Et Didier Reynders ne sera pas candidat à sa propre succession.

Surprise ? « Rien du tout. C'est précisément ce qui a été décidé en octobre 2009. Didier Reynders n'a fait que répété, ou clarifié si certains avaient mal compris, ce qui avait été décidé alors », précise son porte-parole. « Et par ailleurs, on reconnaît notre défaite. Mais qu'on arrête de nous parler de Waterloo électoral. Nous sommes à 18 sièges et 24,7 %. Nous revenons à notre score de 1999. C'est tout. » Soit. On est quand même très loin des 24 sièges. Le départ plus ou moins proche de Reynders clôt les discussions sur ses responsabilités dans la défaite. Pas la peine de s'acharner sur l'homme, il s'en va. « Ce n'est pas le moment de se diviser », commentait Didier Gosuin (FDF). « La question n'est pas là et le MR n'est pas le nombril de la francophonie », ajoutait-il. Gérard Deprez s'est montré plus précis. « Le moment est venu d'élaborer un calendrier pour respecter ce qui avait été convenu » .

2. Le président attend la suite des évènements

Et rien n'est impossible. On veut dire : tout espoir n'est pas mort pour le MR. La carte qui reste à Didier Reynders ? Devenir l'allié objectif d'Elio Di Rupo pour rester à bord. Tiens donc.

Les résultats du cdH et d'Écolo ne sont pas pharaoniques non plus. Le MR représente quand même 18 sièges. Elio Di Rupo doit avoir des compagnons de route pour sa grande aventure institutionnelle. Au cours des débats électoraux, le président du PS a d'ailleurs dit, en substance, l'air de rien, qu'« on ne pouvait pas se passer des deux partis les plus importants pour une réforme de l'État. » Les francophones devront se serrer les coudes. Il vaut peut-être mieux avoir les libéraux francophones de son côté pour négocier, qui sait ? Et PS avec MR, ça fait 44 sièges, soit une majorité des 2/3 côté francophone...

3. Le président attend qu'on lui fasse sentir que Maingain serait de trop

L'éternelle question, c'est FDF avec ou dehors ? Là, Bart De Wever aura sans doute son mot à dire. Et Elio Di Rupo aussi. Mais Reynders n'a qu'à attendre qu'on lui en fasse part. Et il sera difficile d'estimer que les revendications du FDF seraient soudain catastrophiques sur le front des francophones.

Or Maingain est (était, restera) un point embarrassant. Il est imprévisible, d'un côté, et insupportable pour la Flandre, de l'autre. D'aucun estiment que jamais il ne signera la moindre réforme de l'État. Mais le score de Maingain reste remarquable. Et quand Reynders était au bord du putsch, canardé dans son propre parti, un homme l'a tenu, contre toute attente : Maingain.

Le président du FDF a, de ce fait, pris un ascendant énorme sur le président du MR. « Quand il débarque au parti, on a l'impression de voir arriver le président en personne. Ça devient insupportable », raconte un des ténors du MR. Style plus arrogant que l'arrogant. Plus président que le président. Mais puisque Didier Reynders s'en va de toute façon, plus la peine de s'énerver. Même si Maingain votait contre la réforme de l'État, PS et MR auraient quand même la majorité des 2/3. Mais, reconnaissons, on est dans la pure fiction.

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