ELECTIONS 2010

Et maintenant, le choix du roi

Le roi poursuivra ses consultations aujourdhui. Belga

L'initiative revient maintenant à Albert II. Quelle formule choisira-t-il ? L'avenir du pays est, aussi, entre ses mains.

D'a ccord, certains aimeraient que le roi n'ait plus rien à dire. En attendant, dans les structures actuelles de l'État, c'est toujours lui le patron quand il s'agit de prendre des initiatives au lendemain d'élections fédérales.

Ce lundi, il a déjà d'ailleurs commencé à consulter. Après le Premier sortant, les présidents de la Chambre et du Sénat, c'était au tour des vainqueurs : De Wever et Di Rupo. On imagine aisément la tête d'Albert quand Bartje lui a exposé sa vision des choses : un gouvernement qui ferait une grande réforme de l'État, étape vers l'autonomie de la Flandre. Des fleurs pour la couronne en somme...

Personnellement, le roi doit sans doute avoir du mal à discuter avec un homme politique dont le programme est de scinder la Belgique.

Seulement voilà, Albert II n'a pas trop le choix. La N-VA a gagné les élections. C'est un parti démocratique et c'est lui qui a la main. Comme le PS côté francophone.

Le Palais se doit donc de composer. Quoique...

De Wever comme informateur? Un choix osé

Après avoir consulté tous les présidents des partis représentés à la Chambre, Vlaams Belang exclu évidemment, il peut effectivement suivre le choix des électeurs et mettre la N-VA devant ses responsabilités en désignant De Wever comme informateur. Un choix osé.

On verrait au moins directement de quel bois la N-VA et si elle est capable d'arrondir son discours pour rendre des négociations au moins possibles avec d'autres partenaires flamands et francophones. Mais mouiller De Wever n'est pas une fatalité pour le Palais, en dépit du caractère quasi incontournable de la N-VA.

Elio Di Rupo comme informateur? Grosse pression

Le roi peut tout aussi bien désigner Elio Di Rupo comme informateur. Ce qui ne serait plus logique, dans la mesure où le PS est la composante majeure de la plus grosse famille politique du pays.

Cela placerait le Montois dans une position à la fois idéale pour devenir Premier mais aussi délicate parce qu'il lui reviendrait de démêler l'écheveau et de créer les conditions nécessaires à une ébauche de dialogue. Grosse pression en vue.

Et on comprend que Di Rupo n'est pas trop pressé d'endosser ce rôle très ingrat en dépit de l'aura qu'il dégage.

Notez bien que dans le cas où Di Rupo deviendrait informateur, rien ne l'empêcherait non plus de voir si une solution qui impliquerait tous les partis flamands sauf la N-Va (et donc les perdants), n'est pas envisageable. Et ça, le roi le sait également. Tout comme il sait que pousser à la charrette pour exclure la N-VA serait aussi très mal perçu au Nord du pays où il n'a déjà pas toujours bonne presse.

Autant dire que le dilemme est cornélien...

+ Prolongez l'info dans L'Avenir de ce mardi 15 juin

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