On ne peut pas faire « Apocalypse » à tous les coups. Ce documentaire est... documenté, mais manque cruellement de structure et d'une voix off charismatique.

Vite, vite, une semaine avant France 3, la RTBF diffuse ce nouveau documentaire : Juin 40, le grand chaos. Le documentaire joue sur deux cordes. D'un côté, il retrace le mois de juin 1940 de façon chronologique, date par date. En parallèle, il met l'accent sur des faits peu connus. Il parle par exemple de la visite d'Hitler au mémorial canadien de Vimy, le 2 juin, quand la France est encore en guerre. Christophe Weber évoque également le massacre des soldats britanniques par la Waffen SS. Nonante-neuf soldats britanniques se rendent et sont tués par les soldats de la Totenkopf.

Le sort des soldats indigènes, sortis de l'oubli par le film de Rachid Bouchareb en 2006, est abordé à plusieurs reprises : en parlant de l'assassinat du capitaine N'Tchoréré, le 7 juin dans la Somme. Il raconte la chasse aux soldats indigènes et leur exécution quasi systématique par les Allemands.

Il aborde le thème du suicide : celui de civils comme la pédopsychiatre Sophie Morgenstern, de soldats, comme Vincent Daublin, Juif allemand réfugié en France... Plusieurs centaines de personnes se sont donné la mort en juin 1940. L'euthanasie aussi est au vocabulaire de juin 40 : le 14 juin, alors que les Allemands entrent dans Paris, des infirmières de l'hôpital d'Orsay mettent fin aux jours de sept patients, jugés intransportables. Les « piqueuses » seront jugées en mai 1942.

Christophe Weber n'oublie pas les actes d'héroïsme. Celui du Commandant Doyen, qui utilise un avion commercial pour aller larguer des bombes, à la main, sur la ville de Berlin. Le consul du Portugal, qui sauve des milliers de réfugiés, dont le futur général Leclerc, l'impératrice Zita ou l'acteur Robert Montgomery en leur délivrant des visas.

Au final, même les personnes qui regardent toutes les émissions sur la guerre peuvent apprendre quelque chose... Si elles parviennent à rester pendant 1 h 30 devant un film d'une qualité un peu faible.

La Une, 20.30