Arche de zoé: un compromis serait déjà bouclé

(photo Reuters)

Ce mercredi, le verdict sera rendu dans le dossier Arche de Zoé. Mais tout serait déjà négocié entre Paris et N'Djamena. Explications dans l'Avenir, le Jour et le Courrier.

À la veille de la fin de leur procès, les six Français de L'Arche de Zoé campaient sur leurs positions et n'avaient pas exprimé de regrets pour la tentative d'exfiltration du Tchad vers la France de 103 enfants. Rappelons que les parents accusent l'association française de leur avoir «volé» ces enfants. Les avocats de la défense ont annoncé qu'ils plaideraient l'acquittement ce mercredi.

Depuis l'ouverture du procès vendredi, la stratégie de la défense est claire. Elle a tenté de démontrer que l'association voulait «sauver» des «orphelins» de la guerre au Darfour soudanais voisin, et que ce sont les intermédiaires locaux (notamment l'imam soudanais Souleïmane Ibrahim Adam) qui ont «menti» en cachant que les enfants étaient tchadiens et avaient des parents.

«Les Français étaient de bonne foi, mais ils ont, pour le moins, fait preuve d'amateurisme en faisant confiance au premier intermédiaire venu», admet une source proche de la défense.

Pour autant, le meneur de L'Arche de Zoé Éric Breteau, bien qu'il ait reconnu que l'association avait pu être «trompée» sur l'état civil des enfants, n'a à aucun moment exprimé des regrets en direction des familles.

Principale cible de l'accusation, il a invoqué à plusieurs reprises la Convention de Genève sur les victimes de guerre pour justifier son opération d'exfiltration. Son objectif était de «sauver au moins 1000 orphelins du Darfour» en deux ans.

Selon des sources proches du dossier, la procédure judiciaire a été encadrée par le pouvoir politique. Une solution et un calendrier de sortie de crise ont été négociés avant le procès au niveau diplomatique entre Paris et N'Djamena.

La Cour criminelle a été chargée de donner un habillage juridique au scénario échafaudé «au plus haut niveau» sur la base d'une convention judiciaire franco-tchadienne : une condamnation, au moins à l'encontre d'Éric Breteau, et un transfèrement rapide vers la France.

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