Une «police des autoroutes» qui... flotte

Le transport fluvial est intense en Wallonie. Pour le réguler, la police fluviale patrouille chaque jour. Reportage complet à lire dans l'Avenir, le Jour et le Courrier.

«Vous vous tenez bien? Allons-y!» : l'avertissement à peine donné, le zodiac bondit sur la Meuse plombée par le ciel gris d'automne. Un virage serré sur la gauche fait pencher l'embarcation, qui repart à pleins gaz dans l'autre sens. «Nous pouvons atteindre les 70 à 80 kms/heure» explique le pilote. Suffisant pour rattraper n'importe quelle embarcation : la vitesse des péniches ne dépasse jamais les 20 kms/h; et les plus rapides des jet-skis filent à un maximum de 50 à 60 à l'heure. «Les jet-skis de compétition sont plus rapides, mais on ne les voit jamais sur nos voies navigables» explique le policier debout à l'arrière du RHIB (Rigid hull inflatable boat) de la police fluviale.

450 kilomètres de voies navigables

Ce n'est pas pour le plaisir de ses occupants que le zodiac file, ce matin-là, sur la Meuse liégeoise : tous les jours, ils effectuent ainsi une patrouille sur une des voies navigables wallonnes. «Soit les voies sur lesquelles des péniches peuvent circuler, auxquelles s'ajoutent les grands lacs» explique le commissaire Serge Hoffmann, responsable de l'unité liégeoise de la police de la navigation.

L'unité est héritière de l'ancienne police maritime, et des brigades portuaires de la gendarmerie, réunies en 1998 pour former la police de la navigation, intégrée, depuis 2001 et la réforme des polices, à la police fédérale. Avec les polices des aéroports, et des chemins de fer, et les services de l'immigration, elle relève de la Direction générale de la police administrative. «Elle exécute donc toutes les missions de police spécialisée, sur l'eau et aux abords immédiats » précise Serge Hoffmann.

La police fluviale y fonctionne comme la police des autoroutes sur les grands axes routiers : elle assure le contrôle des lois et règlements applicables, y compris à bord des navires et bateaux; le contrôle frontalier; les missions de police judiciaire à bord de navires et de bateaux; des saisies sur les navires et bateaux dans le cadre de missions de police judiciaire ou de police administrative; et elle prend les mesures de police administratives nécessaires dans le cadre de la police des eaux.

Liège est la seule section wallonne de la police de la navigation : Zeebrugge, Anvers, Gand, Ostende et sa sous-section de Nieuport exercent la surveillance des ports maritimes, plus, pour Anvers, la gestion policière de la partie flamande du canal Albert.

Créée le 1er mars 2003, forte de 26 hommes un commissaire, 5 inspecteurs principaux; 20 inspecteurs Liège a en charge la surveillance du réseau navigable wallon : plus de 450 kilomètres de fleuves et canaux, de l'écluse de Lanaye à la frontière belgo-hollandaise, au canal de l'Èspierres, et du port d'Ittre, à celui de Waulsort. À terme, une antenne montoise pourrait compléter la structure : sur la voie d'eau aussi, le trafic augmente. Raison de plus de veiller à son bon... écoulement.

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