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"Bruges a plus de points qu'il n'en mérite"

"Bruges a plus de points qu'il n'en mérite"

Philippe Collin endosse souvent le rôle du méchant Mauve mais il l'assume. Ça ne dure jamais longtemps. (photo Belga)

À deux jours du choc à Bruges, entretien avec Philippe Collin, le numéro deux de la direction d'Anderlecht. Il pense l'exploit possible.

Philippe Collin, impossible de commencer cette interview sans revenir sur ce qui s'est passé dimanche à Saint-Trond...
Ma déception reste immense suite à notre défaite au Staaienveld. Tactiquement, on a mal géré le dernier quart d'heure.

Visez-vous Ariël Jacobs ?
Pas du tout ! Depuis qu'il a repris l'équipe, il n'a pu aligner deux fois la même défense.

Êtes-vous inquiet à l'heure de vous rendre à Bruges, dimanche ?
Ce sera très dur. Mais avec les retours de Polak, Juhasz et Legear, on a une chance.

Croyez-vous encore au titre ?
Il est fortement compromis, mais je ne m'avouerai pas vaincu tant que ça reste mathématiquement possible.

Bruges est plus fort qu'Anderlecht?
Je trouve que les Brugeois ont de la chance. Ça roule pour eux. Mais ça ne va pas durer, sauf s'ils parviennent à élever leur niveau. Actuellement, Bruges a plus de points qu'il n'en mérite. Quant au Standard, il a une très belle équipe. Mais je reste convaincu que son noyau est fort petit.

Les raisons de la crise que traverse Anderlecht sont multiples. Pour les transferts, vous plaidez coupable?
Oui. Il y a deux ans, on se sentait très mal car on avait perdu dix-sept joueurs. Du coup, on a travaillé comme des fous pour acquérir Biglia, Pareja, Hassan, Boussoufa, Tchite... Mais, cet été, on s'est reposé sur nos lauriers. On s'est mis dans le carrosse au lieu d'être les chevaux qui le tiraient. Mais on veut se renforcer cet hiver avec un attaquant du style Tchite voire un milieu créatif si on en trouve.

La direction du Sporting parle souvent de Raymond Mommens pour justifier le transfert de Théréau. Mais votre nom est lié aux arrivées de Polak et surtout de Triguinho...
Triguinho, j'assume, c'est pour ma pomme.J'ai sous-estimé les problèmes d'adaptation des Brésiliens. Heureusement, il ne s'agissait que d'une location. Pour Polak, j'ai fait confiance à la cellule recrutement. Je n'avais vu le Tchèque que sur DVD. J'ai eu peur lorsque je l'ai vu jouer au début. Depuis, j'ai repris confiance. Il semble sur la bonne voie.

Que pensez-vous d'Ariël Jacobs?
Contrairement à Herman Van Holsbeeck, je ne le connais pas bien. Mais je pense qu'Ariël est l'homme de la situation. Jacobs est un adepte du 4-4-2, le système qui convient le mieux à notre noyau. C'est un fin tacticien mais aussi un grand psychologue. C'est un coach positif, qui n'embarrasse pas l'esprit de ses joueurs avec trente-six problèmes. Il fait grandir les joueurs avec leurs qualités au lieu d'insister sur leurs points faibles et sur les qualités de l'adversaire.

Si vous n'aviez aucune limite pour choisir un nouveau coach pour le Sporting, ce serait...
Guus Hiddink, sans hésiter.

Et en étant plus réaliste ?
Georges Leekens a les qualités pour réussir à Anderlecht. Mais la façon dont il s'est comporté cet été avec Gand, Mouscron et Lokeren m'a déçu. Il aurait dû être plus clair. Preud'homme est un grand coach et rien n'est impossible en football. Mais il est fort connoté Standard. Dury était considéré comme le meilleur il y a deux ans, mais il stagne. Cela dit, Ariël Jacobs pourrait être notre T1 à long terme si les résultats suivent.

On vous présente souvent comme l'ennemi de Roger Vanden Stock...
Je sais que mon image n'est pas spécialement bonne, mais j'ai appris à m'en foutre. Roger et moi sommes complémentaires. En tant que président, il doit garder l'église au milieu du village. Moi, je suis plus dur, plus agressif. Je peux me permettre de ruer dans les brancards. Quand Roger et moi sommes en conflit, dix minutes suffisent à nous réconcilier.

En tant que président des jeunes du RSCA, comment voyez-vous l'avenir des Vadis, Tioté, Lamah...
Ils peuvent réussir au Sporting. On va tout faire pour qu'ils aient une place dans les seize meilleurs du noyau la saison prochaine. Sinon, autant les vendre tout de suite.

Doit-on s'attendre au départ de certaines de vos vedettes en janvier?
Si des Russes arrivent avec des offres mirobolantes sur la table, on ne pourra pas refuser. Cela pourrait être le cas avec Legear, même si notre objectif est de le garder. En fait, seule ma famille n'est pas à vendre.

À propos de famille : Jacques Lichtenstein, votre beau-fils, est agent de joueurs et défend notamment les intérêts de certains Anderlechtois. Cela ne vous pose-t-il aucun problème?
Quand Jacques Lichtenstein négocie avec Anderlecht, il n'est plus mon beau-fils ! Cela nous vaut quelques prises de bec, mais c'est mieux ainsi. Je ne m'enrichis pas avec Anderlecht. Au contraire, le club me coûte de l'argent. Le Sporting, c'est ma maîtresse.

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