Les communes devraient des millions aux pompiers

Les communes devraient des millions aux pompiers

Un petit syndicat, la FISP, met le feu aux communes: elles devraient des millions aux pompiers volontaires. (photo EdA)

Un petit syndicat lance un pavé dans les citernes locales : les communes devraient des millions d'euros à leurs pompiers volontaires ! Gros plan.

Catastrophe , chez les pompiers : les communes devraient des millions d'euros aux volontaires du royaume, pour leurs gardes et leurs prestations des cinq dernières années!

C'est la Fédération Intercatégorielle des Services publics, petit syndicat national défendant un millier de sapeurs, qui l'affirme : les volontaires seraient spoliés, depuis 1999.

Plusieurs arguments sont développés par Jean Pirotte, secrétaire national de ce menu syndicat. L'homme, pompier retraité, appuie son discours en sortant d'épaisses fardes des textes de lois, de décrets et de directives européennes. «C'est tellement gros que nous avons planché là-dessus pendant deux ans! Nous tenions à tout vérifier, parce que nous n'en croyions pas nos yeux nous-mêmes!»

Ses argumentations sont multiples :

1. Les pompiers volontaires doivent être rétribués au même barème que les professionnels.
Pour Jean Pirotte, l'énorme majorité des communes ne respectent pas un arrêté de 1999, qui l'impose. Souvent, les volontaires sont payés par intervention, selon un barème illégal.

2. Chaque heure de garde doit être payée.
Pour la FISP (IFOD, en Flandre, NDLR), chaque heure de garde doit être rétribuée, qu'elle soit prestée à la caserne ou à la maison : «Certains volontaires sont inscrits dans des rôles de garde bien précis, durant lesquels ils restent à disposition de leur employeur, qui est ici la commune. Il existe une jurisprudence pour les gardes de médecins, où chaque heure, même à domicile, est comptabilisée.»

3. Le temps de travail des volontaires est trop long.
«Certains pompiers prestent davantage qu'une moyenne de 38 heures par semaine, sur une base de quatre mois, comme le prévoit la loi. C'est très régulier! Selon nos informations, les pompiers namurois en travaillent 56 heures, comme ceux de Malines, par exemple. Dans de nombreuses casernes, ces heures ne sont pas récupérées». Le syndicaliste, bien entendu, comptabilise ici les heures de garde, y compris celles à domicile.

4. Le statut de volontaire, lui-même, est illégal!
Le raisonnement de la FISP va encore plus loin :«Selon la loi, un employé ne peut pas prester davantage que 38 heures par semaine, sur une moyenne de quatre mois. Si le pompier volontaire a déjà un premier emploi, à temps plein, les heures qu'il enfile pour la caserne sont donc illégales, vu qu'elles sont en surplus des 38h. Ou alors, il doit être indépendant et non employé!

S'il est au chômage, il est dans l'illégalité, étant donné qu'il a un boulot tout en étant chômeur! Et aucune dérogation ne vient ici se greffer, puisqu'elles ne sont prévues que dans des cas extrêmes!»

Pour la FISP, les communes doivent des millions d'euros à leurs pompiers. Le syndicat a déjà entamé une poursuite contre la commune de Malines, entité de Bart Somers. D'autres actions en Justice sont prévues à Ostende, Dinant, Huy et Couvin.

Le discours de ce menu syndicat inquiète plus d'un bourgmestre...

+ Deux pages spéciales dans Vers l'Avenir, L'Avenir, Le Jour, Le Courrier de ce vendredi 14 décembre.

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