La Belgique n'a plus de formateur

Yves Leterme renonce à former un gouvernement pour la Belgique. (photo Belga)

Le Roi a donc accepté la démission du formateur Yves Leterme. Monsieur 800.000 voix jette l'éponge après un ultime échec. Il a fait courte déclaration dans le péristyle du parlement cet après-midi. A l'issue d'une nouvelle réunion des chefs de délégation vendredi, le formateur Yves Leterme avait lancé un ultimatum aux partis de l'orange bleue... avec le résultat que l'on connaît désormais. Yves Leterme a-t-il eu raison de renoncer à sa mission? Qui sera capable de redresser la situation du  pays à présent? Votre avis...

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Le formateur Yves Leterme a donc demandé au Roi à être déchargé de sa mission. Le Roi a accepté sa démission, a annoncé samedi le Palais Royal. "Le Roi a reçu en audience en début d'après-midi au Château du Belvédère Monsieur Yves Leterme, Formateur. Monsieur Leterme a demandé à être déchargé de sa mission. Le Roi a accepté cette demande", a affirmé le Palais dans un bref communiqué.

La démission du chef de file du cartel CD&V/N-VA lors des dernières élections au cours desquelles il avait recueilli plus de 800.000 voix, est intervenue au 174ème jour de crise que traverse le pays sans gouvernement. Sa décision a été prise quelques heures après qu'Yves Leterme a reçu les réponses que lui avaient apportées samedi matin les quatre partis tentant de constituer une majorité libérale/sociale-chrétienne.

Après un blocage au sein de son propre cartel (CD&V-N-Va) au sujet de la note qu'il avait déposée à l'issue du week-end dernier pour mettre tout le monde d'accord sur un cadre de négociations communautaires, Yves Leterme leur avait posé vendredi trois questions pour tenter de renouer le dialogue.

Le MR et l'Open VLD avaient répondu trois fois "oui", le cartel CD&V/N-VA, à la base du blocage du début de semaine, également. Le cdH a renvoyé la balle dans le camp d'Yves Leterme, en soulevant d'autres questions.

Par oui ou par non

Le formateur avait posé trois questions aux délégations de l'orange bleue hier après-midi. Chacun a été invité à répondre par oui ou par non. Ce matin, les différents partis ont donné leurs réponses. Pour le MR, l'Open VLD et le cartel CD&V N-VA c'est plutôt oui mais pour le cdH et le FDF, c'est plutôt non... On attend désormais les conclusions d'Yves Leterme et peut-être sa démission à 14h lors de sa visite chez le Roi

Les partis devaient aussi dire s'ils acceptaient que les Régions puissent octroyer des incitants fiscaux aux entreprises. Et enfin ils devaient dire s'ils étaient disposés à accepter que l'on vote la réforme de l'Etat avec "une majorité classique des deux tiers".

Depuis le début de la semaine, le cartel CD&V/N-VA était pointé du doigt pour son refus de la note présentée par le formateur dimanche dernier et acceptée par trois des quatre formations concernées par les négocations pour la formation d'un gouvernement fédéral orange bleu.

En posant trois nouvelles questions vendredi, Yves Leterme semble avoir voulu renvoyer la balle dans le camp francophone et trouver un autre bouc émissaire pour son éventuel échec que le cartel dont il est lui-même issu. Les différentes réponses sont tombées samedi matin.

MR, Open VLD, CD&V N-VA disent "oui"

Les deux partis libéraux ont été les premiers à faire connaître leur réponse. Le président du MR Didier Reynders a confirmé la position prise lundi par son parti en matière de réforme de l'Etat. Les réformateurs sont d'accord pour parler de tout au sein de la Convention. Ils insistent qu'il doit donc être possible de parler de la refédéralisation de certaines matières ainsi que de l'élargissement et du statut de Bruxelles.

Le MR est favorable à l'idée de permettre aux Régions d'accorder des incitants fiscaux aux entreprises et souligne que la majorité des 2/3 "classique" implique la moitié dans chaque groupe linguistique. "Le MR votera en fonction des propositions qui lui seront soumises et sans le MR il n'y aura pas de majorité dans le groupe linguistique francophone", souligne Didier Reynders.

L'Open Vld a fait avoir qu'il répondait "oui" aux trois questions du formateur. Les libéraux flamands expliquent que cette attitude est la conséquence du fait que les propositions "ultimes" du formateur ne difffèrent guère de l'accord qui avait été accepté lundi dernier par le MR, le cdH, l'Open Vld et le CD&V.

Seule la N-VA avait alors renaclé, une attitude que le CD&V avait finalement suivie. Le cartel CD&V/N-VA a fait savoir pour sa part qu'il répondait "trois fois oui" aux questions d'Yves Leterme. A la N-VA on précisait toutefois que la réponse aux trois questions doit être prise en compte en même temps que le "nouveau menu" pour la réforme de l'Etat présentée mardi par le formateur Yves Leterme.

Le cdH pose des questions

Le petit parti nationaliste allié au CD&V ajoute encore que cela signifie qu'il sera possible de parler au sein de la Convention de la politique familiale et partant de la sécurité sociale notamment en ce qui concerne les allocations familiales. Quant au cdH il s'en tient clairement à l'accord de lundi dernier et demande au formateur s'il peut en revenir au "menu" sur lequel trois des quatre formations concernées par l'orange bleue avaient marqué leur accord.

Dans un communiqué, les Humanistes affirment qu'ils disent "oui à la note du formateur de lundi et aux accords acquis par ailleurs sur ce point et oui, à défaut d'un accord par le cartel, à un gouvernement socio-économique rapide et à une Convention indépendante du gouvernement, ouverte à tous les partis, chargée d'aborder sereinement tous les thèmes institutionnels et de formuler des propositions de réformes consensuelles sur l'avenir de l'Etat portées de manière équilibrée par les Francophones et les Néerlandophones".

Les conclusions d'Yves Leterme

Le cdH souligne encore que vendredi "des questions nouvelles mais surtout plus fondamentalement des interprétations nouvelles et des textes nouveaux, imposés unilatéralement à la demande du cartel CD&V-N-VA, ont modifié profondément la note de base. Il s'agit notamment d'une interprétation contraire aux garanties essentielles obtenues en sécurité sociale au niveau du gouvernement ou, indirectement mais clairement, de la problématique de la régionalisation de l'impôt des sociétés, refusée par tous les Francophones. Il s'agit également de modifications unilatérales d'une partie essentielle du texte de l'accord clair de lundi, négocié depuis longtemps, concernant l'autonomie fiscale".

Le cdH rappelle aussi qu'il attend toujours le geste et l'engagement officiel demandés par les 4 partis francophones d'opter à l'avenir pour des décisions négociées et non plus imposées en matière institutionnelle dans des dossiers tels que celui de BHV.

Il semble peu probable que les remarques et questions du cdH reçoivent une réponse positive du cartel CD&V/N-VA. Il appartiendra donc dans les prochaines heures au formateur Yves Leterme à tirer les conclusions des réponses qu'il a reçues à ces "ultimes questions".

Avec Belga

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