Chaque ménage met 170 € de nourriture au bac

Chaque ménage met 170 € de nourriture au bac

(photo Belga)

Tout le monde a horreur du gaspillage. Pourtant, le Wallon moyen jette de 15 à 20 kilos de nourriture à la poubelle par an. Notre dossier complet est à découvrir dans Vers l'Avenir, le Jour et le Courrier.

C' est une moyenne, bien sûr. Mais elle est terrible. C'est le Crioc (*) qui le dit : chaque année, le Belge fout à la poubelle environ 15 kg de nourriture consommable. Ce qui représente 150 000 tonnes pour tout le pays.

On peut se faire mal aussi en envisageant l'aspect économique des choses. Selon certaines estimations, l'impact budgétaire est d'environ 170 € par ménage. Autrement dit, sur base des 4,43 millions de ménages répertoriés dans ce pays, la Belgique se déleste de 750 millions € par an via ces aliments non consommés et jetés. Carrément.

En Wallonie, les chiffres peuvent même être poussés un cran plus haut. «On gaspillerait jusqu'à 20 kg de nourriture en Wallonie : les familles y sont plus grandes que dans le reste du pays et on y cultive davantage», fait remarquer Catherine Rousseau, directrice de la recherche au Crioc. Or, ce qui est cultivé n'est pas forcément récolté.

«Un peu plus de la moitié de la poubelle d'ordures ménagères est constitué de déchets organiques. Et la majorité vient de déchets de cuisine», explique Martine Gillet, de l'Office wallon des déchets.

La région bruxelloise a pour sa part tellement étudié les poubelles des habitants qu'elle peut déterminer les périodes les plus «juteuses» de l'année : «Le 2 janvier, au lendemain des fêtes de fin d'année, les aliments constituent jusqu'à 20 % du contenu des sacs des ménages. On y trouve même de grands paquets de saumon fumé même pas ouverts. L'autre pic annuel, c'est le retour de vacances, quand on jette à la poubelle le contenu du frigo ou des placards», raconte Joëlle Van Bambeke, de Bruxelles Environnement.

Noël tous les jours

Comment en est-on arrivé là? Avec un choix de denrées plus vaste que jamais, la société de consommation nous propose de quoi fêter Noël tous les jours. Par ailleurs, nos styles de vie ont changé et les structures familiales ont évolué : la moitié des personnes interrogées par le Crioc ne peut pas préciser à l'avance qui sera présent au repas principal. Du coup, nos achats sont parfois disproportionnés par rapport à nos besoins. Enfin, on ne sait plus comment accommoder les restes.

Les conséquences sont non seulement éthiques, sociales et économiques mais aussi environnementales : il faut ainsi collecter et traiter ces tonnes de déchets alimentaires. Auparavant, il a fallu les produire, les transformer, les emballer et les transporter. «La Commission européenne estime que l'alimentation représente 30 % des impacts écologiques imputables à chaque citoyen. De même, environ 20 % du changement climatique sont attribués à la production, à la transformation et au stockage de la nourriture», estime le Crioc.

(*) Crioc : Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs

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