Un père commissaire, pas un cadeau

A 27 ans, James Deano rappe depuis 10 ans.

James Deano cartonne en France. Mais le jeune rappeur de Waterloo évolue depuis 10 ans de le milieu hip hop. Il nous raconte comment il a géré sa relation avec son père commissaire. Voyez le making of de son clip.

James, tu multiplies les dates en France. Comment te sens-tu?
Je me sens bien en fait. Ca décolle tout doucement avec le single «Les Blancs ne savent pas danser». Parfois, quand je chante le refrain en concert, y a plus moyen d’entendre le retour tellement ça crie.

Les paroles sont drôles. Et assez gentilles. Pourtant, en Belgique, on te connaît pour des titres plus engagés, plus trash. Tu as adouci pour ton album?
C’est la dernière chanson que j’ai composée pour l’album qui va sortir. Elle est formatée, dans le sens couplets-refrain, pour être médiatique. Le disque en lui-même comporte des chansons drôles et d’autres moins drôles. C’est un compromis.

Le titre marche aussi grâce à son clip.
Ouais. On l’a tourné à 100% à Tubize. Mes potes apparaissent, mais on a aussi recruté des danseurs sur casting. 



Pourquoi avoir émigré en France?
Un peu par hasard, suite à des connections avec le label Because pour lequel j’ai signé il y a deux ans. Eh puis, il faut bien avouer que le public belge est moins réceptif. Il n’y a que 4 millions et demi de francophones en Belgique. Le marché est restreint. C’est clairement plus facile en France.

Ton père est vraiment commissaire alors?
Ouais. Enfin, il était commissaire. Faut avouer, quand t’es jeune, c’est pas le meilleur atout dans ton jeu si tu veux rapper. J’ai eu du mal à me regarder dans la glace. Mais finalement, j’ai pu passer à autre chose.

Et que pense papa de ton titre «Le fils du commissaire»?
Il adore. Il est même venu poser pour la pochette, avec son uniforme et tout.

James Deano, ça vient d’où?
Je m’appelle Olivier Nardin. A l’école, c’est vite devenu Nardin. O. quand j’écrivais mon nom. Puis les potes m’ont surnommé Nardino, puis Dino. Et moi j’ai écrit Deano. Mais ça n’a rien à voir avec James Dean.

Ta percée dans les charts français, ça t’a permis de rencontrer du monde?
J’ai croisé Diam’s. C’était nickel. Elle participe à un morceau de l’album. J’ai aussi rencontré Anaïs, puis quelques noms de la scène hip hop française. Je profite.

Interview: Julien RENSONNET