Avant Aalborg - Anderlecht (Jeudi 19h15)

Michel Verschueren : "Olsen était le patron de nos Danois"

Michel Verschueren : "Olsen était le patron de nos Danois"

Michel Verschueren a bien connu l'époque danoise des années 80. Il s'en souvient avec une certaine nostalgie. (photo EdA - Jacques Duchateau)

Parlez à Michel Verschueren (76 ans) de l'époque danoise du Sporting d'Anderlecht et la nostalgie ne sera pas loin. Mais, très vite, la fierté de Mister Michel refait surface. Rencontre.

« Les premiers Danois arrivés à Anderlecht furent Benny Nielsen et Kenneth Brylle, rappelle l'ancien manager général des Mauves de 1981 à 2005 et toujours administrateur aujourd'hui. Brylle était arrivé via M. Bekeffi, un Hongrois qui avait quitté son pays durant la révolution et qui a joué un rôle précieux dans les transferts des Danois. Par la suite, Monsieur Constant et moi avons privilégié cette filière.»

Un an après Brylle, c'est Mister Michel lui-même qui débarquait au parc Astrid après avoir fait ses preuves au RWDM. « Je suis arrivé au même moment que Tomislav Ivic. Et, à peine arrivé, Constant Vanden Stock me demandait de régler le transfert de Morten Olsen qui jouait aussi au RWDM. » Après quatre saisons au Cercle de Bruges et quatre autres au RWDM, Morten Olsen allait diriger la défense mauve durant six saisons. « Il est arrivé à Anderlecht alors qu'il avait déjà 30 ans, se souvient celui qui fêta onze titres de champion de Belgique à la tête du RSCA. Olsen a directement été le patron et le meneur de toute la bande danoise. »

« Grâce à la fille de la Coupe, je n'ai pas dû trop négocier pour Andersen... »

Un moment, au total, ils auront été pas moins de sept Danois à avoir fréquenté le vestiaire mauve. « Brylle et Nielsen étaient arrivés juste avant moi, note Verschueren. Il y eut ensuite, dans l'ordre, Olsen, Frimann, Andersen, Arnesen et Mortensen. Entre 1980 et 1986, nous avons vraiment vécu des années magnifiques avec nos Danois. Sous Ivic et Van Himst, on a décroché la coupe de l'UEFA (1983) ainsi que trois titres de champion et trois deuxièmes places. Nielsen était sans doute le plus technique. Impossible d'oublier Frimann et son éternel visage puber. Il était vif et avait une très belle technique mais une sérieuse blessure à la cheville a brisé sa carrière. La puissance d'Andersen me plaisait également. Avec Andersen, précisément, j'ai eu de la chance au moment de lui faire signer son premier contrat pro. Il était amoureux de la fille de la Coupe (NDLR : le célèbre café en face du stade Constant Vanden Stock). Je n'ai pas dû négocier longtemps pour le persuader de rester ! Arnesen était très doué mais il n'a jamais joué à son meilleur niveau. Il était arrivé d'Espagne blessé. Mortensen est celui qui a le moins bien réussi chez nous.»

« Pour 12 millions de francs, on avait les meilleurs Danois. Olsen n'en a coûté que 10 »

Michel Verschueren aimait ses Danois. « Ils discutaient toujours âprement leur contrat mais, une fois qu'il était signé, il restait dans le tiroir. Et ils se donnaient à fond, sans compter. Avec eux, pas de danger de clan, c'étaient des gentlemen. Leur faculté d'adaptation était impressionnante. Cette filière danoise, au même titre que la néerlandaise qui nous a aussi beaucoup apporté, était vraiment un bon plan. Malheureusement, dès l'instant où nous avons commencé à briller sur la scène européenne, les grands clubs européens se sont réveillés. Et le marché danois nous est rapidement devenu inaccessible. Aujourd'hui, les meilleurs Danois partent directement en Angleterre.»

La filière danoise était une véritable mine d'or. « À l'époque, on achetait les meilleurs Danois pour 12 millions de francs belges, souligne Michel Verschueren. Olsen n'a coûté que 10 millions au Sporting. On ne pensait pas encore à faire des plus-values à ce moment-là. Le premier gros coup financier, c'est avec Lozano que je l'ai réalisé. J'avais été le chercher pour 12 millions de francs belges au Washington Diplomats qui était en faillite et je l'ai revendu 75 millions au Real Madrid. Ce n'était rien à côté de ce que j'allais connaître en 2001 avec la triplette Radzinski-Goor-Koller (NDLR : 1 milliard de francs en un été), mais quand même ! », conclut le « Renard argenté ».

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